Témoignage. Coronavirus : "je vis à Lyon, je suis malade et sans aucun accompagnement"

Il a 50 ans et vit, confiné dans son appartement du Point du Jour, à Lyon (Rhône). Diagnostiqué "atteint du Coronavirus probable", il n'a depuis, plus aucun contact avec du personnel médical. "J'ai de la fièvre. J'ai des hauts et des bas avec lesquels je ne sais plus quoi faire."
Entre les paquets de pâtes et de riz, le doliprane et la ventoline utilisés par l'homme en confinement
Entre les paquets de pâtes et de riz, le doliprane et la ventoline utilisés par l'homme en confinement © DR
Parmi les personnes placées en confinement à domicile dans la région, il y en a qui le sont pour des cas bénins. "Des cas qui ne font l’objet d’aucun suivi particulier mais n’en sont pas moins livrés à leur sort", déplore un technicien audiovisuel, qui souhaite garder l'anonymat, de 50 ans qui se trouve depuis la fin de la semaine dans cette pénible situation.
Depuis vendredi dernier précisément, il n’a plus le droit de sortir de son appartement.

Trouver un médecin a été un vrai parcours du combattant, explique-t-il.

"Après avoir eu 38,8° de fièvre vendredi, j'ai souhaité prendre rendez-vous chez un généraliste car mon médecin référent est actuellement absent. Deux ont refusé de me recevoir.  J'ai dû attendre 20 h pour me rendre dans une maison médicale de garde.

Sur une dizaine de patients présents dans la salle d’attente, un local assez restreint, aucun d'entre eux ne porte de masque. Une jeune femme tousse beaucoup. Seule la secrétaire et le médecin en sont dotés.

Pour tout diagnostic, le médecin m’a dit : "cela a tout l'air d'un Corona".

"Il ne me fait pratiquer aucun test" car, dit-il, "ils sont réservés aux personnes en réanimation."  Difficile de vivre dans un état de suspicion sans savoir vraiment ce que l’on a, constate amèrement cet homme généralement plutôt en bonne santé.
"Je suis donc confiné à domicile. Le médecin me dit que je peux prendre du doliprane et de la Ventoline pour soulager la douleur que je ressens au niveau de la poitrine. Si cela empire, on me dit de consulter de nouveau un médecin en joignant le centre 15.  "Je n'ai aucun problème de santé en particulier, juste un peu d'asthme d'allergie au printemps, je ne suis donc pas une priorité. Il n'empêche que cet isolement est dur sur le plan psychologique. Pour les repas je vais tenter une livraison à domicile. »
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société