Décines : nouvelle mobilisation des salariés de Gifrer contre le plan social

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Écrit par Dolores Mazzola
Chez Gifrer, des dizaines de salariés touchés par un PSE.
Chez Gifrer, des dizaines de salariés touchés par un PSE. © S.Valsecchi

Ce mercredi 16 décembre, les salariés de l'entreprise Gifrer, à Décines, se mobilisent une nouvelle fois. Une manifestation est organisée dans les rues de la commune pour dénoncer le plan social qui prévoit la suppression de la moitié des postes dans l'entreprise. 125 emplois sont menacés.

Il y a une semaine, le 8 décembre dernier, les salariés de l'entreprise Gifrer-Barbezat ont entamé une grève pour protester contre la suppression de 125 postes sur les 211 que compte le site pharmaceutique implanté à Décines, dans l'est lyonnais. Ils dénoncent notamment la fermeture de la branche production de ce site centenaire.  

"Marche des fiertés" dans les rues de Décines

Le dossier du PSE doit être bouclé pour le 22 décembre mais une réunion pour signature, entre syndicat et direction, est prévue le jeudi 17 décembre. Une nouvelle action a été organisée, à la veille de ce rendez-vous, pour dénoncer ces licenciements. Il s'agit aussi de protester contre les conditions de départ proposées aux salariés licenciés. Comme la semaine dernière, la Cfdt a appelé le personnel à manifester dans les rues de Décines, à partir de 10h. 

Selon le syndicat majoritaire dans l'entreprise, la direction a proposé une prime de 500 euros pour les mois de décembre et janvier, à "condition que les salariés cessent la grève et reprennent le travail". Pour la Cfdt, "Après plus d’une semaine de grève, les dernières « propositions de la direction » ne sont toujours pas à la hauteur des attentes des salariés."

Un PSE au rabais ? La direction se défend

Jointe ce matin par téléphone, la direction du site s'est expliquée au sujet de cette prime de 500 euros : "c'est une mesure d'urgence pour ouvrir les portes" et assurer les expéditions des produits, attendus par les pharmacies et hôpitaux. Le site est bloqué depuis plusieurs jours par un piquet de grève qui ne laisse pas entrer les camions. "Il est important que la situation se débloque d'un point de vue économique pour l'entreprise, mais aussi parce que nous sommes en temps de crise sanitaire et qu'il faut participer à l'effort".  

Concernant les mesures proposées par la direction, elles sont dans les "standards". "Les mesures du PSE sont en relation avec les moyens de l'entreprise qui perd entre 7 et 8 millions d'euros pour un chiffre d'affaires compris entre 45 et 50 millions d'euros". Et la direction précise qu'il s'agit de "sauver 90 emplois". "L'entreprise perd de l'argent. Elle se défait d'une partie de sa production et doit se réorganiser... l'une des solutions est la sous-traitance en France", précise la direction.

Mais du côté du syndicat, on est catégorique et on affiche sa fermeté: "Si on n'obtient pas de supra-légales, il n'y aura pas de signature du PSE," a indiqué Franck Swietklicki, secrétaire du Cse-Cfdt. D'autant plus inacceptable que ce PSE sera mis en place à la veille de Noël. Pour le syndicat, l'argument du maintien de l'emploi ne tient pas. Exit la production, il restera à terme sur place que des services tels que le marketing, la logistique ou encore les services réglementaires, explique-t-on. Concernant la sous-traitance dans l'hexagone : le syndicat précise qu'une partie de la production (le liniment) part vers la Belgique. Le reste  -produits inflammables et sérums physiologiques - sera confié à un façonnier français qui travaille pour plusieurs laboratoires. Sera-t-il en capacité de maintenir sur le long terme cette production dans l'hexagone ? Du côté de la Cfdt, on s'interroge déjà.

L'intervention de la Métropole

"Le dernier espoir des salariés licenciés réside dans les tractations entre la métropole de Lyon et la direction générale de Gifrer," a également indiqué le syndicat dans son appel à la mobilisation du jour.

Afin de maintenir l'activité sur ce site et de sauver les 125 postes, la métropole de Lyon, en accord avec la mairie de Décines, avait annoncé dés le 8 décembre sa volonté de racheter le foncier du site. Les négociations continuent avait indiqué Emeline Baume, première vice-présidente de la Métropole de Lyon, en charge de l'économie. Pas question de bâtir des logements, le terrain de 13 hectares a vocation à rester industriel, selon la métropole. 

Pour la direction, c'est surtout un projet à long terme qui ne pourra pas apporter de solutions immédiates aux difficultés de l'entreprise. 

Cagnotte en ligne

Alors que le mouvement social est entré dans sa deuxième semaine, la solidarité s’organise avec l’ouverture d’une cagnotte Leetchi, en soutien aux grévistes, "pour continuer leur combat et parvenir à un accord convenable. Les salariés ne braderont pas leur dignité", est-il écrit sur le site en ligne. En une semaine, ce sont près de 1800 euros qui ont été collectés.

Fondé en 1912 par les frères Gignoux, les laboratoires Gifrer ont été rachetés par un groupe belge en 2000. Fabriquant historique d'eau oxygénée depuis plus d'un siècle, l'entreprise a développé la production de divers produits pharmaceutiques. 

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