Des lunettes éco-responsables, durables et réparables : le pari d'un studio de design lyonnais

Publié le Mis à jour le

Un studio de design lyonnais, spécialisé dans l'optique, a lancé sa marque de lunettes. Des montures éco-responsables et durables qui pourraient bien révolutionner l'univers de ce marché très concurrentiel.

Une monture en polyamide, des branches en acier recyclé mais aussi des aimants pour les charnières, les lunettes mises au point par le studio de design global "Just Add Water" (JAW Studio) surfent sur la tendance écologiste. Le studio, spécialisé dans l'univers de l'optique et de la lunetterie, collabore avec le haut-de-gamme, comme Mc Laren. L'idée de lancer sa propre marque de lunettes est née pendant la crise Covid et le premier confinement. En créatif passionné, Sébastien Brusset, ancien opticien, a eu envie de lancer un produit recyclable et éco-responsable.  Des lunettes à durée de vie illimitée.

De la réflexion, pas d'improvisation ... et zéro gaspillage

Baptisée "Jam" en référence au jazz, ces lunettes sont cependant loin d'être le fruit du hasard ou même de l'improvisation. Elles sont au contraire l'oeuvre d'une réflexion approfondie, tant sur la forme, la réalisation que sur le concept. Elles sont réalisées grâce à l'impression 3D. La monture se construit, couche après couche... pas de découpe dans une feuille de plastique. Le studio s'est appuyé sur le principe d'une fabrication "additive", soucieuse de l'environnement et des ressources, qui permet de n'utiliser que la matière nécessaire. Elle permet aussi de produire à l'unité. "C'est un vrai bénéfice, il n'y a pas de risque de déchets," explique Sébastien Brusset, PDG du studio de design Just Add Water. Cerise sur le gâteau : pas de coûteux stocks voué à la destruction en cas de chute des ventes.

Avec la conception de ces binocles écolo, il s'agissait d'éliminer d'emblée certaines technologies. "On est à l'opposé de la méthode de fabrication traditionnelle de la lunette dans laquelle on supprime ce dont on n'a pas besoin et qui gâche beaucoup de matière". Zéro gaspillage. Et Sébastien Brusset, insiste : les éléments réalisés à l'impression 3D sont également recyclables. 

Des charnières inusables : une innovation brevetée

Côté assemblage, pas de mécanisme compliqué et fragile. Les lunettes sont montées rapidement, en "trois minutes", sans colle, ni soudure, ni vis. C'est grâce à un jeu d'aimants que les branches sont fixées à la monture. Une innovation dont le brevet déposé est en cours d'instruction. Deux aimants qui fonctionnent en opposition. Le principe, c'est Sébastien Brusset qui l'explique : "un anneau magnétisé et un cylindre qui flotte en sustentation. L'anneau vient attirer la branche et fait la friction. L'axe, à l'intérieur de l'anneau, vient verrouiller la branche". Bilan : la charnière est inusable ! 

Eco-responsabilité : des designers impliqués

"Aujourd'hui, on voit qu'on consomme beaucoup, on jette beaucoup et la lunette fait partie des objets de grande consommation, on en change régulièrement au cours de sa vie. C'est la responsabilité de designer, de faire en sorte que leur création crée la moins d'empreinte (sur l'environnement). Cela fait d'ailleurs quelques années que des designers sont très impliqués pour limiter leur impact," résume Sébastien Brusset. En résumé, la lunette, devenu un produit de grande consommation ces dernières années, va devoir se révolutionner pour répondre aux critères de conception durable. 

"On ne peut plus produire des objets dont le mode de production pollue, gâche beaucoup de matière ou qui ne comporte pas de recyclage. Si on veut continuer à pouvoir se faire plaisir à consommer des objets, il faut que soit pris en compte le phénomène d'éco-responsabilité dés la conception, sans que l'impact soit désastreux pour la planète".

Incompatible avec l'envie de changement ?

C'est dans cette optique que le studio lyonnais a décidé de réaliser ce produit. Mais est-il incompatible avec les exigences de la mode et l'envie de changement chez les fashionistas ? Pas vraiment selon Sébastien Brusset, mais le produit "doit être pensé dés le départ". Pour le studio, il s'agissait aussi d'offrir un produit personnalisable et même sur-mesure, dont le client peut choisir les couleurs par exemple ou la gravure... Le catalogue qui compte à ce jour vingt modèles permet des milliers de combinaisons. Envie de changement ou de continuité, le designer a voulu répondre aux besoins du plus grand nombre. "On peut garder sa paire de lunettes toute sa vie si on le souhaite car on a la possibilité de réparer chaque élément," conclut Sébastien Brusset.

Ces lunettes durables, dont le coût tourne autour des 300 euros, s’implante progressivement chez les opticiens de la région lyonnaise. A la rentrée, Sébastien Brusset compte également installer un showroom dans son atelier du 9e arrondissement de Lyon.