En congrès à Lyon, le mouvement HLM inquiet pour ses locataires face à l'inflation

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Écrit par Mathieu Boudet .

Le prochain congrès des HLM, qui se tient à partir de mardi 27 septembre à Lyon, sera marqué par les préoccupations de coûts de l'énergie notamment.

Le mouvement HLM se réunit à Lyon du 27 au 29 septembre pour un 82e congrès marqué par l'envolée des prix de l'énergie, qui pèse sur les charges des plus de dix millions de locataires.

Hausse des prix de l'énergie

Pour son premier congrès de l'USH en tant que ministre délégué à la Ville et au logement, Olivier Klein, qui s'exprimera jeudi en clôture du congrès, devra d'abord répondre à cette préoccupation. Si les bailleurs sociaux bénéficient du bouclier tarifaire -qui plafonne les prix de l'énergie- pour leur fourniture en gaz, leurs achats en gros d'électricité, notamment pour alimenter les parties communes (ascenseurs, éclairage, parkings...) ne sont pas couverts, ce qui fait gonfler les charges répercutées sur les locataires. "Cela représente un effort considérable pour nos locataires dont 35% sont sous le seuil de pauvreté", regrette Emmanuelle Cosse, présidente de l'Union sociale pour l'habitat (USH), qui représente les bailleurs sociaux. Le ministre a promis de résorber au plus vite cette faille, une mesure qu'il chiffre entre 900 millions et un milliard d'euros.

Le défi de la rénovation énergétique

Autre grand défi, l'accélération de la rénovation énergétique des quelque cinq millions de HLM pour faire baisser les factures et éviter que les plus énergivores (classes E, F et G) ne soient interdits à la location. Des aides financières ciblées dans le cadre du plan de relance ont déjà permis d'accélérer, salue l'USH, avec près de 178 000 logements rénovés en 2021, un record. "On ne fait pas de la rénovation à la petite semaine pour passer de la classe G à F ou E", souligne Emmanuelle Cosse. "L'objectif, c'est qu'on ait des gains qui ramènent a minima le patrimoine en D et le plus souvent en C", assure-t-elle.

Choix économiques

Mais l'enjeu des moyens financiers sera crucial. Olivier Klein devra convaincre des bailleurs sociaux échaudés par les économies budgétaires faites selon eux à leur détriment depuis cinq ans. Le projet de budget 2023, qui doit être dévoilé lundi, donnera le ton, en particulier s'il prévoit une nouvelle ponction dans les finances d'Action Logement (ex-1% Logement), premier bailleur social français.

Les bailleurs sociaux sont particulièrement remontés contre la réduction de cinq euros des aides personnalisées au logement (APL) décidée en 2017, une décision qui s'est traduite par l'obligation de baisser leurs loyers et représente, selon l'USH, un manque à gagner de 1,3 milliard d'euros par an. De plus, le relèvement de 1 à 2%, en août, du taux du Livret A, principal outil de financement du logement social, va peser à hauteur de "plus de deux milliards d'euros" sur les comptes des bailleurs sociaux.

   

"Le gouvernement a fait des choix économiques qui ont percuté de plein fouet la capacité de production et de rénovation des logements sociaux alors que le niveau de demande est hallucinant", dénonce Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, rappelant que le logement est le "premier poste de dépense des ménages".

Construction en berne

L'enjeu de ces moyens est aussi de relancer la construction de logements neufs, pour résorber le flot grandissant de ménages en attente d'un logement social : 2,3 millions fin 2021. De nouveaux objectifs chiffrés de construction sont en discussion, alors que celui de 250 000 logements en deux ans (2021-2022) fixé par la précédente ministre, Emmanuelle Wargon, va être largement manqué selon la Banque des territoires. "On a des chiffres qui se cassent la figure, le frein le plus évident c'est la frilosité des maires à signer des permis de construire car la population refuse l'acte de construction", tonne Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers, qui construit 53% du logement social en Ile-de-France.

A cela s'ajoute une augmentation en flèche du coût du foncier et des coûts de construction, avec "des opérations qui ne sortent pas pour des raisons économiques", poursuit M. Boulanger. "On a vu récemment des mouvements très forts sur le logement des salariés en France, avec des salariés, qui, même en CDI, n'arrivent plus à se loger correctement dans le privé", a rappelé Mme Cosse.

D'autant que selon une étude de l'USH, les APL, qui bénéficient à 13 millions de personnes, ne suffisent plus à rendre solvables les ménages modestes.

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