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L’exercice anti-terroriste dans un lycée lyonnais annulé à la demande du préfet

Cela fait 4 mois que les personnels de l’établissement privé Chevreul-Lestonnac travaillaient en liaison avec les forces de sécurité à l’organisation d’un exercice grandeur nature. Il a été annulé in extremis sur ordre du préfet de région, ou plutôt "reporté" selon la préfecture.
© Etablissement Chevreul-Lestonnac
Ce devait être une première nationale, où en tout état de cause un exercice rarissime : une prise d’otage –fictive- mettant en scène les élèves de 2 classes de 1ere  STMG (Sciences et techniques du management et de gestion) de cet établissement ainsi que des forces d'intervention de la Police nationale. Le coup de téléphone de détresse déclenchant l'opération devait être passé aujourd'hui à 13h45...

Tous se préparer face aux nouvelles menaces

L’objectif : permettre aux unités de sécurité d’intervenir en milieu scolaire en condition quasi réelle pour se forger une expérience. Pour la communauté éducative, l’enjeu était de se frotter à ces nouvelles menaces, pour acquérir des réflexes et comprendre notamment les problématiques de gestion de stress, de respect des consignes, etc. L’étape ultime étant ensuite le partage d’expérience avec d’autres établissements.

les élèves se sont préparés à des scénarios, on a mis en place des consignes, ils nous ont fait confiance"

Alors dire que la patronne de l’établissement Chevreul-Lestonnac, Véronique Le Gonidec, est déçue est bien en deçà de la vérité, surtout pour ses élèves : « quand on leur demande quelque chose, on s’attend à ce que ce soit fait. Nous, on leur a expliqué l’importance de la chose, ils se sont préparés à des scénarios, on a mis en place des consignes, ils nous ont fait confiance. » Et là, comme dirait un ancien président de la république, l’affaire a fait pschitt…

Eviter la panique chez les riverains

C’est le préfet Michel Delpuech qui a décidé d’annuler l’exercice suite à des appels malveillants dans six établissements de Lyon reçus lundi et faisant état de la présence d’une bombe. Selon le service de presse de la préfecture, Michel Delpuech aurait ainsi voulu éviter une confusion dans l’esprit des riverains, voire une panique, puisque ce beau monde n’était évidemment pas mis au parfum de cet exercice en grandeur réelle.

Le problème, c’est que la directrice de l’établissement a été prévenue ce matin à 11h par … le RAID (unité d'élite de la Police : Recherche Assistance Intervention Dissuasion) qui devait -en liaison avec la BAC (Brigade anti-criminalité ) et la BRI (Brigade de recherche et d'investigation)- gérer cette prise d’otage fictive. Aucune information de la préfecture, c’est un peu la goutte d’eau qui fait déborder un vase rempli d’énergie positive autour de ce projet.

Une autre fois ?

L’exercice avait fédéré très fortement élèves et enseignants, et il était porté avec d’autant plus de sérieux que c’est un ancien de l’établissement, aujourd’hui membre du RAID, qui est à l’origine du projet.

Du côté de la préfecture, on regrette le couac concernant le chef d’établissement, mais on assure que ce n’est que partie remise… reste à recaler les équipes du RAID, de la BAC et de la BRI sur un même créneau, et à remettre en branle la communauté éducative à Chevreul-Lestonnac. Une conjonction astrale qui ne se présente pas forcément tous les quatre matins.
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