Festival Lumière : “Mégalopolis“ sera bien en-dessus d’”Apocalypse now”, Francis Ford Coppola

Festival Lumière - Francis Ford Coppola, prix Lumière 2019 / © MaxPPP
Festival Lumière - Francis Ford Coppola, prix Lumière 2019 / © MaxPPP

Le réalisateur américain, Francis Ford Coppola, a reçu le Prix Lumière 2019. Il a profité de sa venue à Lyon pour dire quelques mots sur son prochain film, "Mégalopolis" qu'il qualifie de projet le plus ambitieux de sa carrière.

Par Franck Giroud

Emotion et grand projet

En 4 jours de présence au festival Lumière, le réalisateur américain, Francis Ford Coppola, a partagé avec le public son histoire personnelle du cinéma. Le public l’a accueilli avec chaleur. Il a donné en retour avec rigueur et puissance toute sa passion pour ce qui a mené toute sa vie, le cinéma.

Dès sa première rencontre avec le public au théâtre des Célestins vendredi après-midi, on sentait chez le grand réalisateur l’envie de partager ses envies de cinéma ; en particulier lors de cet échange, avec le public d’étudiants. Le soir au moment de la remise du prix Lumière et dans le grand amphithéâtre du palais des congrès, il était difficile de distinguer une véritable émotion lors de l’hommage qui lui était rendu. Le côté officiel et quelque peu mondain empêche une véritable confidence du récipiendaire.

Voilà pourquoi il était intéressant de l’entendre à l’occasion de la rencontre de presse du lendemain matin :

Avez-vous été surpris par l’accueil du public lyonnais, vendredi soir ?
On pense toujours entrevoir ce que le futur vous réserve et une fois que vous le vivez, vous vous rendez compte que vous vous faites prendre par l’intensité de la vie.  Même si j’ai 80 ans et que j’ai connu aussi bien la reconnaissance que le rejet, je n’ai jamais expérimenté ce que j’ai vécu ce vendredi. Que l’on mette devant vous l’essentiel de votre vie et que l’on vous honore de la sorte, on ne peut être que touché.

Vous travaillez depuis longtemps sur un projet «Megalopolis». Où en êtes-vous ?
Il y a des cinéastes qui ont un talent naturel comme Polanski ou Spielberg. Et puis il y a les laborieux. Je fais partie de la seconde catégorie. J’ai de l’imagination, de l’enthousiasme à revendre et une dimension visionnaire. Parfois j’arrive à prévoir ce que le futur nous réserve. Avec ces ingrédients et ma persévérance, j’arrive à mener mes projets à bien. Je mène un projet puis je l’abandonne. J’en mène un autre puis je reviens au précédent. Un pas en avant, un pas en arrière. C’est ce qui s’est passé pour Megalopolis. Un projet sur lequel je travaille depuis vingt ans. Un film utopiste qui donne à voir l’expression humaine du paradis sur terre. Une histoire dans laquelle l’intelligence, la créativité et la chaleur humaine caractérisent l’humanité. C’est un projet important. J’ai commencé à le tourner en 2001. Puis est arrivé l’attentat du 11 septembre. Et notre paysage est devenu tellement sombre que je ne pouvais plus tourner sur la foi en la bonté humaine et en l’avenir de l’homme. Donc je l’ai mis de côté. Et comme aujourd’hui je bute sur un autre projet je me dis que Megalopolis n’était pas si mal et que je peux y revenir et qu’il sera mon prochain film.

Avez-vous déjà conçu votre mise en images de ce film ?
Le scénario existe déjà. J’ai déjà tourné avec une petite équipe.

«Megalopolis» sera-t-il un méga-film ? (question de Thierry Frémaux)
C’est le plus ambitieux. Il sera plus ambitieux qu’ «Apocalypse Now» ! qui pour moi est le summum de la production. On est à l’échelle des films Marvel mais je n’ai pas les mêmes moyens. Ils prennent tout. C’est bien le problème. Je ne sais pas où trouver les ressources. Mais dans ma propre expérience c’est bien au-dessus d’«Apocalypse Now».

Avez-vous un mot pour qualifier ce film à venir ?
Ma conviction, la bonne nouvelle, est que l’enfer n’existe pas (petit sourire) et que le paradis c’est ici et maintenant. Et peut-être que le mot qui s’en approche serait : la famille. En tant qu’espèce nous descendons tous de la même ancêtre. Nous sommes une famille. Faisons en sorte que ce lien-là soit réel et que notre monde ressemble à celui que l’on souhaite voir comme notre paradis.

Et voilà comment le réalisateur à la carrière honorée d’un prix Lumière s’est révélé en une heure comme un sage de 80 ans plein d’enthousiasme et d’ambition pour le cinéma et l’humanité. Respect Monsieur Coppola.

Le festival Lumière vient de s’achever après huit jours de fêtes et de projections dans toute l’agglomération lyonnaise.
Pour revivre les grands moments de ce 10e anniversaire et partagés des moments inédits avec les acteurs, les réalisateurs et le public,
Rendez-vous mercredi 23 octobre 23h30 pour une émission spéciale sur notre antenne.

Sur le même sujet

toute l'actu cinéma

Chorale de Roanne/ASVEL : 69-73

Les + Lus