Gilets Jaunes dans l'âme, pourquoi ils ne manifesteront pas ce samedi à Lyon

Manifestation nationale des Gilets Jaunes le 11 mai 2019 à Lyon / © France 3 Rhône-Alpes
Manifestation nationale des Gilets Jaunes le 11 mai 2019 à Lyon / © France 3 Rhône-Alpes

Ils étaient parmi les premiers Gilets Jaunes, organisateurs des premières manifestations sur Valence. Ils ont pourtant décidé de quitter le mouvement, imaginant le poursuivre sous une autre forme, et n'iront pas manifester ce samedi.

Par Arnaud Jacques

Nous avons rencontré deux Gilets Jaunes, Isabelle et Cédric, qui ont participé à ce mouvement dès le début à Valence. Ils se disent toujours Gilets Jaunes dans l'âme. Mais ils n'iront pas manifester ce samedi 14 septembre à Lyon, estimant que ça ne leur correspond plus. Ils ne baissent pas les bras pour autant et imaginent d'autres moyens de se faire entendre.
 

Pourquoi ils ne manifesteront pas


Cédric a eu comme un déclic quand il a été témoin des premières violences dans les manifestations. "Quand on voit les casses qu'il y a eu, la violence des Gilets Jaunes et contre les Gilets Jaunes. On parle de personnes éborgnées. Ce mouvement a été d'une violence extrême des deux côtés."
À Valence, Isabelle a mal vécu l'intrusion de casseurs et les contradictions que ça implique. "Tout casser ça veut dire aussi qu'il va falloir reconstruire. Et comment? En imposant plus le gens. Moi j'ai pas envie de payer plus d'impôts. C'est aussi de l'intelligence d'esprit de dire On va casser mais qui va payer les réparations? C'est encore nous!"
Mais ce qu'Isabelle a eu le plus de mal à vivre, ce sont les injures et les menaces. "J'ai été très affectée par les insultes sur les réseaux sociaux. On m'a jugée, salie, on m'a porté des intentions que je n'ai jamais eues personnellement. On a piraté mon facebook"
 

Des Gilets Jaunes attachés aux manifestations déclarées


Cédric ne pense pas aller manifester samedi. "Visiblement, la manifestation n'est pas déclarée et je ne participe qu'aux manifestations déclarées". Il craint de nouvelles violences. "Je veux faire comprendre aux gens pourquoi on est dehors et je ne veux pas leur imposer ma vision des choses. Je suis pour faire venir plus de gens vers nous que les faire fuir. J'ai l'impression que ce mouvement a eu l'effet inverse".
De son côté, Isabelle a toujours organisé des manifestations déclarées. "L'important pour nous c'était de rester dans la légalité, pour protéger les gens qui nous suivent. Sur Valence, beaucoup de gens savaient qu'avec nous ça allait bien se passer." Et de permettre à ces citoyens d'accéder au bureau du préfet. "Je pense que la mouvance première des Gilets Jaunes, c'est ça, c'est de permettre aux gens les plus défavorisés et les plus démunis financièrement, socialement et professionnellement de s'exprimer, d'exister!"
 

Un mouvement plus assez citoyen


Cédric pointe une autre déviance du mouvement, la politique. "Je me suis éloigné de ce mouvement aussi parce qu'on a reçu beaucoup de pression, par des partis politiques et des syndicats qui ont essayé de nous infiltrer pour récupérer le mouvement. Et ce mouvement est maintenant devenu trop connoté politiquement, par les partis d'extrême-droite ou d'extrême-gauche et par les casseurs".
 

Le combat continue


Isabelle et Cédric souhaitent continuer à se faire entendre. Isabelle fait signer actuellement la pétition contre la vente d'Aéroports de Paris par l'Etat. Quant à Cédric, ce sera autrement que dans la rue. "Ce n'était pas rien d'occuper la rue et essayer de faire avancer les choses face à Macron qui n'entendait rien, et il n'entend toujours rien".

 

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