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A Lyon, la grève des éboueurs est finie

Le ramassage des poubelles devrait permettre un retour à la normale d'ici la fin de la semaine. / © Renaud Gardette /F3
Le ramassage des poubelles devrait permettre un retour à la normale d'ici la fin de la semaine. / © Renaud Gardette /F3

Le tribunal de Lyon a donné raison aux éboueurs poursuivis par leur direction, ce jeudi 18 avril. Celle-ci réclamait l'évacuation du site, et accusait les grévistes de sabotages. Un accord est néanmoins proche, et l'entreprise promet d'assurer le ramassage à 100%.

Par Mathieu Boudet

L'entreprise Pizzorno, dont des salariés étaient en grève depuis le 2 avril dernier, a averti, dans la soirée de ce vendredi 18 avril, de la sortie de grève. Elle n'a pas encore détaillé les termes de l'accord de sortie de crise trouvé avec les syndicats.

 

La fin d'un long combat


Depuis le 2 avril, les poubelles s'entassaient par dizaines devant les immeubles des rues de plusieurs secteurs à Lyon (3ème, 6ème et 8ème arrondissement), Villeurbanne, Bron et Vaulx-en-Velin. La fin de la grève sera un soulagement pour toutes les parties, ainsi que pour la métropole lyonnaise.

Ce matin déjà, les négociations se poursuivaient avec la direction, et un accord semblait à portée de main. Les grévistes ont revu leurs ambitions à la baisse et demandaient désormais une prime, plutôt qu'une augmentation de 300 € de salaire. Ils demandaient également des améliorations de leurs conditions de travail, comme la possibilité de pouvoir laver leurs habits de travail à l'entreprise et non plus chez eux. 

 

Retour d'un ramassage à 100%


L’entreprise Pizzorno affirme avoir assuré aujourd’hui le service de collecte à 100% sur l’ensemble de ses tournées. Afin de rattraper le retard accumulé de la collecte depuis deux semaines, elle promet de mobiliser ses équipes l'après-midi, en complément des tournées du matin.

Ce jeudi 18 avril, Pizzorno s'est par ailleurs engagée à assurer "le service de collecte à 100% sur l'ensemble de leurs tournées habituelles". Le groupe s'est également engagé à "rattraper le retard accumulé de la collecte depuis 2 semaines d'ici samedi soir".

Cette promesse intervient alors que la métropole venait, mercredi soir, de rappeler à l'entreprise ses responsabilités : "Si aucune solution n’est trouvée d’ici jeudi par Pizzorno, la Métropole appliquera les pénalités financières telles que prévues dans le marché," à savoir 20€ par poubelle non ramassée, signalait la métropole, qui se dit "très attentive aux conséquences sanitaires et de sécurité générées par ce mouvement de grève depuis plus de deux semaines". 


 

2 grèves d'éboueurs successives à Lyon



Des éboueurs de Pizzorno étaient en grève depuis le 2 avril. Leurs homologues employés par la métropole de Lyon avaient eux cessé le travail entre le 19 mars et le 5 avril, un accord ayant abouti à une augmentation comprise entre 82 euros et 159 euros bruts mensuels et au recrutement de 20 éboueurs avant le 1er juillet.

Durant le conflit, la Métropole de Lyon a notamment fait appel à d'autres entreprises privées, Nicollin et Sita, pour ramasser les déchets. Elle complètait également le service par ses agents, avec une équipe supplémentaire pour chacun des 6 secteurs (3e, 6e, 8e, Vaulx-en-Velin, Bron et Villeurbanne). Sans empêcher l'accumulation de poubelles sur les trottoirs.


 

Un tournant judiciaire


Par ailleurs, cette sortie de crise intervient le jour même d'une décision judiciaire qui déboutait des demandes de l'entreprises contre des grévistes. La justice avait été saisie par leur entreprise Pizzorno Environnement, qui réclamait l'expulsion des grévistes du site de Vénissieux. Le tribunal de Lyon a donné raison aux 10 grévistes poursuivis, ce jeudi 18 avril au matin. Ils étaient accusés de "jets de projectiles", de "diffamation", mais aussi "d'entrave à la liberté de travail” devant le Tribunal de Grande Instance de Lyon, poursuivis pour fautes graves, par leur direction, qui réclamait l'évacuation du site bloqué.  Mais les juges ont considéré qu’aucun blocage excessif n’était effectué.

"La justice a considéré que c’était une atteinte au droit de grève de vouloir nous enlever du piquet de grève. Des salariés étaient trainés à 10 comme des délinquants devant la justice. Justice leur a été rendue", se réjouissait un responsable de Solidaires Rhône auprès de nos confrères de Lyon Capitale.


 

Ni blocage, ni sabotage


Pizzorno Environnement, chargé de la collecte des déchets ménagers sur Lyon et Villeurbanne depuis 2017, dénonçait un "blocage constant" du site de Vénissieux par les salariés grévistes, empêchant leurs collègues non-grévistes "d'exercer leur travail". Or le tribunal estime au contraire que "les personnes de l'entreprise peuvent passer et que les camions peuvent sortir." Il en a conclut que "les agissements des grévistes ne portent pas atteinte à l'accès au travail des non grévistes".

Par ailleurs, la direction accusait également les grévistes "d'actes de sabotage sur 12 camions-bennes". Le tribunal déboute également l'entreprise sur cette accusation, estimant que ce sabotage "ne peut être imputé aux grévistes au vu des documents produits et des débats".






  

 

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