Insécurité à Lyon : la dispute à un million entre Laurent Wauquiez et Gregory Doucet

Publié le Mis à jour le
Écrit par Mathieu Boudet .

Alors que le président de la Région offrait un million d'euros pour des équipements de police municipale, le maire de Lyon voulait en faire un autre usage. L'offre est retirée.

Un million très politique. Une offre apparemment anodine de la région Auvergne-Rhône-Alpes à la mairie de Lyon, pour financer le développement d'outils de sécurité à sa police municipale, s'est transformée en une polémique très politicienne entre Laurent Wauquiez et Gregory Doucet. Car si le maire de Lyon a accepté l'offre, il a expliqué vouloir utiliser les fonds pour d'autres équipements. Laurent Wauquiez annule donc l'offre initiale. Deux visions s'opposent sur le traitement de la sécurité.

Une offre très politique

À deux reprises, à l'automne 2021 puis au printemps 2022, la région Auvergne-Rhône-Alpes propose un million d'euros à la ville de Lyon pour renforcer la sécurité des lyonnais. Le budget doit servir à financer l'achat de caméras de vidéo-surveillance et d'équipements divers pour la police municipale. Gregory Doucet refuse d'abord, puis accepte finalement lorsque Laurent Wauquiez réitère l'offre. Mais le maire de Lyon écrit à Laurent Wauquiez l'usage qu'il compte faire de cette manne. Un usage éloigné des demandes initiales. Le courrier est provocateur, en réponse à une proposition qui elle-même était très politique... Laurent Wauquiez rappelait insidieusement à Lyon, au travers de cette offre, les mauvais résultats enregistrés par la ville récemment sur les thématiques d'insécurité. 

Une réponse provocatrice

Dans un courrier  du 9 septembre dernier, le maire de Lyon, Grégory Doucet, accepte donc "bien volontiers" l'offre de la Région d'un million d'euros, mais évoque une autre utilisation que l'achat de caméras : "des talkies walkies pour les organisateurs d'évènements", notamment, du "soutien à la médiation sociale", "une camionnette pour transporter une piste d'éducation routière", ou encore "des toilettes publiques inclusives" ! L'élu écologiste décline donc la proposition d'achat "de caméras de vidéoprotection" , dont il estime que le parc lyonnais est bien pourvu et qu'il considère comme déjà "très performant", pour lui préférer des orientations qui conjuguent" selon lui, "efficacité et bonne gestion".

Qui veut perdre un million ?

A la réception du courrier du maire de Lyon, le président de la Région a, dans une réponse apportée à nos confrères du Progrès et à la presse locale, "d’abord cru à une blague". "Quand on aborde le sujet de la sécurité et qu’on nous parle de toilettes inclusives, c’est qu’on n’a rien compris au problème et à ce que vivent les Lyonnais" écrit-il. "La gravité de la situation nécessite des actions rapides et concrètes pour enrayer la hausse de la délinquance telles que le renforcement des systèmes de vidéoprotection et de l’équipement de la police municipale" poursuit-il. Finalement, la Région Auvergne-Rhône-Alpes refuse d'offrir l'enveloppe d'un million d'euros proposée à la Ville de Lyon. "C’est à cela qu’est destinée l’aide proposée par la Région, et non à financer des gadgets idéologiques", explique le président de la Région, qui dénonce "la légèreté" du maire de Lyon sur le sujet de la sécurité.

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