JO TOKYO : la consécration d'une entreprise du Beaujolais, spécialisée dans les prises des murs d'escalade

Pour la première fois, l'escalade est une discipline olympique. Le 6 août 2021, place aux finales et à la distribution des médailles. Ces JO ont déjà consacré un champion de l'escalade : une entreprise basée dans le Rhône, fabricante des prises pour les grimpeurs sur les murs de Tokyo.
Denis Granier, PDG de Volx, participe à sa manière aux Jeux Olympiques de Tokyo. L'entreprise qu'il dirige à Arnas, dans le département du Rhône est fournisseur officiel de prises d'escalade.
Denis Granier, PDG de Volx, participe à sa manière aux Jeux Olympiques de Tokyo. L'entreprise qu'il dirige à Arnas, dans le département du Rhône est fournisseur officiel de prises d'escalade. © FTV

Une fois n'est pas coutume, Denis Granier a les yeux rivés sur la télévision. Le PDG regarde les JO au boulot. La stéphanoise Anouck Jauvet apparaît à l'écran. La grimpeuse enchaine les prises à toute vitesse, et Denis Granier commente ses temps de passage. Il faut dire que l'homme s'y connait en escalade. Il est à la tête de Volx, "seul fabricant au monde de prises d'escalade homologuées par la Fédération internationale".

"Une technologie propre à Volx"

Dans les bureaux de l'entreprise à Arnas, dans le Beaujolais, le temps passe vite. 7 secondes 12. Anouck Jaubert signe un record personnel en vitesse et se qualifie pour la finale de la toute nouvelle discipline olympique. Lors de son passage sur la voie, la grimpeuse de Saint-Etienne a touché les prises noires. Des pépites d'innovation, fabrication maison, brevetées par Volx.

Elles sont issues d'une technologie qui nous est propre, sur laquelle nous avons un brevet. Elles permettent d'enregistrer le moment où la grimpeuse touche la prise et le moment où elle la relâche. Elles permettent d'avoir les temps intermédiaires que l'on retrouve dans l'ensemble des données officielles.


Fabricant de prises d'escalade depuis 1996, Volx a décroché un contrat de fournisseur exclusif avec la Fédération internationale des sports d'escalade. S'est ouvert du même coup les portes de toutes les grandes compétitions comme les championnats du monde et, pour la première fois, les Jeux Olympiques. Et tous les grimpeurs mettront la main dessus. "Elles sont placées dans des endroits critiques définis avec les entraîneurs, pour qu'elles soient sur des points de passage et que la grimpeuse ou le grimpeur les touche", explique Denis Granier. "Certes les techniques de grimpe des différents compétiteurs peuvent varier fortement, et il y a des prises qu'ils ne touchent pas. Mais les prises noires ont été placées là où le passage est quasiment obligatoire". 

À quoi ça sert ?

En escalade, le temps est enregistré au millième de secondes. Sur le mur de vitesse de Tokyo, les prises développées par Volx "peuvent détecter le toucher du grimpeur et la durée de sa préhension", explique Denis Granier. Les données de ces prises de vitesse sont intégrées par Oméga dans le système de timing officiel.

Les données sont intégrées dans les fiches de temps et cela permet d'avoir des analyses sur les temps intermédiaires. On peut ainsi voir que les grimpeurs vont avoir des périodes d'accélération, de ralentissement, ou qu'ils vont trébucher sur une prise et glisser. Cela va permettre d'analyser de manière plus précise la performance.

Denis Granier, PDG de Volx

L'amélioration de la performance et la compréhension de "ce sport qui présente une certaine complexité", sont le crédo de l'entreprise rhodanienne qui s'est spécialisée dans la digitalisation de l'escalade. Et dans les locaux d'Arnas, les idées de développement ne manquent pas. "On a des idées pour équiper les murs de système de visualisation. On a déjà travaillé sur la digitalisation du mouvement du grimpeur pour permettre aux entraîneurs de mieux les conseiller. Et puis, on a travaillé aussi sur la 3D pour bien expliquer les voies, les itinéraires, les complexités techniques et pourquoi un grimpeur va chuter sur telle prise". 

Les JO : une vitrine

Être présent aux JO, "c'est une petite fierté", reconnait Denis Granier. "Voir des produits du Beaujolais présents à Tokyo, c'est bien." Pour l'entreprise, c'est aussi et surtout une occasion en or de voir sa notoriété grimper, et de convaincre d'autres acteurs sportifs.

C'est une vitrine pour l'entreprise, une vitrine pour les salariés, une vitrine sur le savoir-faire français.

Le dirigeant en est persuadé. Tokyo assure une visibilité des sports d'escalade dans le monde entier, auprès de milliards de spectateurs. "C'est un sport qui est en train de se développer, une pratique qui est en forte croissance depuis quelques années. Les JO vont continuer à développer l'activité." Du pain sur la planche assuré pour Volx qui vient de doubler sa surface de production au 1er janvier 2021. 

 

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