Lyon : Bayer ouvre son nouveau laboratoire au public

Une chercheuse dans le nouveau laboratoire de Bayer Cropscience, dédié aux analyses de résidus de produits phytosanitaires. Il sera régulièrement ouvert au public / © Joël Philippon / MaxPPP
Une chercheuse dans le nouveau laboratoire de Bayer Cropscience, dédié aux analyses de résidus de produits phytosanitaires. Il sera régulièrement ouvert au public / © Joël Philippon / MaxPPP

Le groupe Bayer a inauguré jeudi à Lyon son nouveau laboratoire d'analyse de résidus phytosanitaires. Un labo qu'il entend ouvrir ponctuellement au public pour éclairer un débat "parfois irrationnel" sur les produits chimiques utilisés en agriculture, explique l'industriel.

Par Daniel Pajonk

Ce laboratoire est implanté sur le site de La Dargoire, dans le quartier de Vaise (Lyon). C'est dans le centre de recherche de l'entreprise allemande sur les maladies des plantes provoquées par les champignons et les moisissures (rouille, mildiou, oïdium ou pourriture grise...), qu'il vient de voir le jour, pour un investissement de 2,8 millions d'euros.
Les lieux ont été conçus pour que des groupes - agriculteurs, étudiants ou scientifiques "puissent venir sans déranger les chercheurs au travail", a expliqué la directrice du centre Rachel Rama.
Sur ce même site, Bayer a inauguré il y a deux ans un centre d'innovation, "porte ouverte" sur le centre de recherche. Ce dernier a accueilli 1 300 visiteurs pour sa première année.

Une opération de communication du groupe chimique

"En permettant aux gens de voir ce que nous faisons, nous voulons démythifier nos recherches", a expliqué le responsable mondial de la recherche de l'activité "Cropscience", Bob Reiter.  "Nous voulons permettre un débat plus serein et aussi plus scientifique" sur l'agrochimie, a relevé la directrice de la communication du groupe Lise Lemonnier, alors que Bayer est régulièrement visé par les écologistes, notamment depuis son rachat de l'américain Monsanto. Par souci de transparence, le groupe met aussi en ligne le résultat de ses analyses. 

"Ca ne change rien sur le fond", Association Combat Monsanto

"Par souci de transparence". Pas vraiment le point de vue de l'association Combat Monsanto, qui estime que ces opérations auront du mal à modifier l'image de l'industriel", considére Tom Baquerre, de l'association. C'est un peu comme l'industrie du nucléaire. On ne montre que ce que l'on veut montrer. On a affaire à une entreprise qui pratique l'opacité notamment quant aux études de toxicité des molécules, des produits." De  plus en plus, l'opinion publique est consciente des problèmes liés à l'utilisation des pesticides. Pour preuve, selon l'association, "en trois semaines, 40 000 personnes ont commenté le site de consultation publique sur la question des épandages de produits phytosanitaires à proximité des habitations." Cette opération de "greenwasching"  ne nous fait pas peur."






 

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