Lyon : la façade du CROUS dégradée dans la nuit

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Écrit par Mathieu Boudet
Dans une lettre ouverte, les auteurs présumés appellent à reprendre "le sabotage", relancer "les grèves", et à "attaquer l'état et ses lieux de pouvoirs".
Dans une lettre ouverte, les auteurs présumés appellent à reprendre "le sabotage", relancer "les grèves", et à "attaquer l'état et ses lieux de pouvoirs". © Mathieu Boudet / FTV

La façade du CROUS de Lyon a été dégradée par des jets de projectiles et des tags dans la nuit, visant à dénoncer la précarité étudiante, moins de 15 jours après qu'un étudiant a tenté de mettre fin à ses jours en s'immolant par le feu devant ce même lieu.  

"Le Crous assassine", "le Crous tue"... Les tags retrouvés ce mercredi 20 novembre sur la façade du bâtiment sont sans équivoque. Le CROUS (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires) de Lyon a subi des dégradations dans la nuit, visant à dénoncer la précarité étudiante, moins de 15 jours après qu'un étudiant a tenté de mettre fin à ses jours en s'immolant par le feu devant ce même lieu.  
 

Projectiles et tags

Le personnel du CROUS a constaté les dégâts ce mercredi matin. Les vitres du service d'accueil des boursiers du Crous ont été visées par des jets de projectiles, et des tags ont recouvert la façade. "Les personnels sont déjà dans une situation de choc après ce qu'il s'est passé, et là ça rajoute à l'angoisse", confie une membre du CROUS. Au lendemain de ces dégradations, le service d'accueil des boursiers est perturbé : "on ne peut pas recevoir les bénéficiaires dans de bonnes conditions, physiquement et psychologiquement, on n'est pas serein", regrette-t-on à la direction du service public. L'accueil a été hébergé temporairement dans le service voisin social et général, le temps des premières constatations. Au total, une centaine de salariés travaille sur le site du centre situé rue Camille-Roy, dans le 7e arrondissement.  

 

L’acte revendiqué sur internet

Sur le site collaboratif Rebellyon.info, une lettre ouverte revendique l'acte comme faisant suite à "l'acte politique de notre camarade le 8 novembre" dernier. Regrettant que le gouvernement n'aie pas annoncé d'"augmentation des APL, des bourses ou encore une diminution des loyers" suite à l'immolation par le feu d'un étudiant le 8 novembre dernier, les auteurs de la lettre dénoncent une précarité étudiante qui "s'aggrave de réforme en réforme". Ils concluent en appelant à reprendre "le sabotage", relancer "les grèves", et à "attaquer l'état et ses lieux de pouvoirs".  Des photographies prises dans la nuit montrent trois individus habillés en noir, en train de dégrader la façade du bâtiment.
 

Tensions étudiantes

L'acte intervient dans un contexte de tensions dans le monde étudiant, après divers rassemblements organisés pour dénoncer la précarité étudiante. Le 8 novembre dernier, un étudiant de 22 ans, originaire de Saint-Etienne, avait été grièvement brûlé après s'être immolé par le feu devant ce site. Hospitalisé au centre des brûlés de l'hôpital Edouard Herriot de Lyon, il reste dans un état très grave. Une enquête a été ouverte pour déterminer les raisons de son geste, mais dans un long message publié sur Facebook, il avait évoqué ses difficultés financières et justifié son geste par des revendications politiques. Il a notamment accusé  "Macron, Hollande, Sarkozy et l'UE" de "[l'avoir] tué". Le jeune homme ne percevait plus sa bourse du Crous car il triplait sa 2e année de licence.




 

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