Lyon : la Métropole a-t-elle utilisé l'argent public pour lancer la campagne d' E. Macron ?

Les moyens de la Métropole de Lyon ont-ils été utilisés abusivement pour amorcer la candidature d'E. Macron aux dernières présidentielles, en infraction avec le code électoral ? C'est la question posée par Philippe Cochet, président du groupe Républicain, qui envisage une action en justice.        

Par Ph. Bette avec Olivier Michel

La question posée depuis plusieurs mois par l'opposition à la Métropole de Lyon était restée sans vraie réponse. Philippe Cochet, président du groupe Républicains et apparentés, l'a donc reposée formellement vendredi 16 mars en séance... Dans son intervention, le conseiller d'opposition s'interrogeait publiquement sur l'usage détourné qui pourrait avoir été fait de l'argent public pour amorcer la campagne présidentielle d'E. Macron.

Il est d'abord question de cette grande réception organisée en juin 2016 par Gérard Collomb, alors président de la Métropole de Lyon en l'honneur d'E. Macron, qui n'est encore lui-même que ministre de l'Economie. 900 invités, des VIP , le tout Lyon,se pressent dans les salons de l'hôtel de ville alors que la rumeur d'une candidature présidentielle prend corps. Une cérémonie à laquelle les élus de la Métropole ne sont pas conviés, observe Philippe Cochet, mais que la Métropole va tout de même devoir financer à hauteur de 19 000 euros... 

Autre poste de dépense équivoque, selon l'opposition, la fonction de Jean-Marie Girier, alors chef de cabinet de Gérard Collomb à la métropole de Lyon. Travaille-t-il toujours pour la métropole ou est-il déjà à la disposition du candidat Macron pour sa prochaine campagne ? Philippe Cochet le suspecte d'avoir utilisé son bureau, son mail et les moyens de la Métropole pour travailler à son service.

Enfin, quel usage a donc été fait des bureaux parisiens de la métropole de Lyon pendant la campagne présidentielle ? Philippe Cochet s'appuie sur les révélations de Virginie Calmels, vice-présidente des Républicains,  dans son livre "J'assume". Elle y raconte que Emmanuel Macron et Alain Juppé se sont rencontrés clandestinement, pour échapper aux journalistes. C'est le Figaro qui démontrera que le rendez-vous a eu lieu dans ce bureau- appartement de 370 m2, loué par la métropole de Lyon.  

Philippe Cochet a bien conscience d'avoir crée "un trouble" au conseil métropolitain, vendredi dernier, en posant des questions sur l'utilisation des moyens de la Métropole. Mais David Kimelfeld , son actuel président, entend y mettre un terme en adressant une réponse circonstanciée de deux pages . 

"Une rupture d'égalité" 

S'agissant de la réception d'Emmanuel Macron le 2 juin 2016, David Kimelfeld estime avoir déjà apporté précédemment "les informations utiles" lors d'une réunion d'éclaircissement demandée par l'opposition municipale.

Il répond plus précisément sur le statut de Jean-Marie Girier, qui n'est autre aujourd'hui que le chef de cabinet de Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur. "Ses activités (de l'époque) ont entraîné la modification de son contrat de travail à temps partiel (70%), puis une rupture de contrat, effective le 6 décembre 2016. Pour la période antérieure, est-il encore précisé, l'agent a pu gérer son engagement personnel en mobilisant ses périodes de congés".            

Quant au recours aux bureaux de la Métropole,  David Kimelfeld le justifie en évoquant le rôle de cette représentation pour recevoir des chefs d'entreprise, des personnalités de la société civile et des élus pour la promotion des projets lyonnais...

Ces réponses ne sont pas de nature à convaincre Philippe Cochet qui se dit aujourd'hui prêt à saisir le procureur de la République. Il estime en effet que l'usage par la Métropole de l'argent public a crée "une rupture d'égalité" devant le suffrage universel, en infraction avec le code électoral.


           

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