Lyon : une ONG appelle à la “désobéissance civile” contre les démoustications

"Tous les progrès" enregistrés petit à petit pour restaurer la biodiversité en ville peuvent ainsi être "annulés en une nuit" par une opération de démoustication, selon le directeur de l'association Arthropologia. / © Jean-Marc Loos / Maxppp
"Tous les progrès" enregistrés petit à petit pour restaurer la biodiversité en ville peuvent ainsi être "annulés en une nuit" par une opération de démoustication, selon le directeur de l'association Arthropologia. / © Jean-Marc Loos / Maxppp

Une association de défense de la biodiversité appelle, ce mercredi 25 septembre, à s'opposer aux opérations de démoustication contre le moustique-tigre, vecteur de maladies graves. 

Par Mathieu Boudet Avec AFP

Une association engagée dans la défense de la biodiversité a appelé, ce mercredi 25 septembre, les populations à s'opposer aux opérations de démoustication rendues nécessaires par l'implantation du moustique-tigre. Sa présence avérée dans le Rhône fait courrir un risque de propagations de maladies graves. 

 

"Bloquer les camions"


"On demande aux gens de se mettre devant les camions", a indiqué à la presse Hugues Mouret, directeur scientifique de l'association Arthropologia qui organise à Lyon jusqu'à vendredi un colloque consacré au déclin des insectes pollinisateurs. M. Mouret justifie son appel à la "désobéissance civile" par la nature du pesticide utilisé pour lutter contre les moustiques, la deltaméthrine, un composé chimique
de la famille des pyréthrinoïdes, particulièrement dangereux pour la biodiversité.

 

L'hécatombe des pollinisateurs


"Tous les progrès" enregistrés petit à petit pour restaurer la biodiversité en ville peuvent ainsi être "annulés en une nuit" par une opération de démoustication, a-t-il plaidé. L'utilisation des pyréthrinoïdes explique pour partie le déclin vertigineux des insectes pollinisateurs. Or ceux-ci rendent un service estimé entre 290 et 400 milliards d'euros chaque année en permettant la fructification, selon le directeur scientifique. "Il faudrait environ 25 personnes pour faire le travail qu'effectue une seule ruche", a-t-il relevé.


    

Mobilisation contre le moustique tigre


Cet appel est lancé alors que des opérations de démoustication et de sensibilisations aux risques liés au moustique tigre ont été menées récemment, notamment à Villeurbanne et à Mions, dans le Rhône. Le moustique-tigre véhicule notamment le virus de la dengue, une maladie qui dans certains cas peut être mortelle. Un premier cas de dengue "autochtone" (sans avoir fait un voyage récent à l'étranger) a par ailleurs été découvert cette semaine à Caluire-et-Cuire, en proche banlieue de Lyon.  Le malade est aujourd'hui guéri.

 

Comment stopper le virus ?


Les opérations de démoustication visent à éviter une transmission de ce type de virus à la population locale. Car quand un moustique tigre pique une personne atteinte de dengue, chikungunya ou zika, il peut s'infecter et être en capacité de transmettre la maladie lors de ses piqures suivantes. Mais selon M. Mouret, "le rapport risque/bénéfice" du traitement de la dengue "est peut-être à recalculer". Il relève que les pays occidentaux sont "bien équipés" pour faire face aux "1%" de cas graves de dengue. Selon lui, la solution est notamment à trouver dans le rétablissement de la biodiversité et des équilibres écologiques. 

 

La bio-diversité comme solution ?


Présent lors de la même conférence de presse, l'adjoint au maire de Lyon délégué aux espaces verts, Alain Giordano, a relevé que le grand cimetière de la ville à Loyasse n'était plus ravagé par les chenilles processionnaire du pin depuis l'abandon des pesticides. Car cette décision a permis le retour des mésanges charbonnières dont ces chenilles sont "la friandise". M. Giordano a par ailleurs indiqué que ses services n'encourageaient plus l'installation de ruchers sur les toits lyonnais. L'abeille domestique, qui concurrence les autres espèces pour s'alimenter, n'est que l'une des 300 espèces d'abeilles recensées dans la ville : dans ce domaine aussi, il faut de la diversité, a-t-il expliqué. 

 

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