Lyon rend hommage à Jean Moulin, arrêté il y a 80 ans par la Gestapo

Plusieurs cérémonies se déroulent sur plusieurs sites symboliques de Lyon, ce mercredi 21 juin, en hommage au chef de la Résistance française.

Une journée en sa mémoire. Toute la journée, ce mercredi 21 juin, les autorités publiques et plusieurs acteurs de la mémoire lyonnaise rendent hommage à Jean Moulin, à l'occasion des 80 ans de son arrestation.

Série d'hommages 

10h. Devant la prison de Montluc, où Jean Moulin fut détenu après son arrestation, élus et citoyens se recueillent. C'est là que le chef de la Résistance passa ses derniers jours avant d'embarquer dans un train pour l'Allemagne, dans lequel il finit par succomber.

Devant la prison, des hommages et des gerbes de fleurs, devant un public inter-générationnel. "C'est important de se souvenir de ce qu'ils ont fait, car ils se sont battus pour leurs droits", explique Mathilde, élève au collège André Lassagne à Caluire-et-Cuire. Un peu plus tard, nouvel hommage : une plaque commémorative est dévoilée sur la façade de l'immeuble qu'occupait clandestinement Jean Moulin lors de ses passages à Lyon pendant l'occupation. Enfin, une délégation devait se rendre en début de soirée à l'ancienne maison du docteur Dugoujon, lieu de l'arrestation du chef de la Résistance avec une partie de ses camarades, le 21 juin 1943.

"Symbole de la Résistance"

Dès sa première rencontre avec le général De Gaulle, les deux hommes s'entendent immédiatement.  Jean Moulin confie : "C'est un très grand bonhomme, grand de toute façon". Ancien préfet qui s'engage pour la Résistance, il accepte de remplir les missions que lui confie De Gaulle : obtenir une coordination de l'action des mouvements résistants, sous la seule autorité du général. Jean Moulin parvient à rencontrer, convaincre et assister les principaux groupes de combattants de l'ombre, et crée le Conseil national de la Résistance.

Celui qui a unifié les mouvements est devenu avec le temps "le symbole même de la Résistance", selon Bénédicte Vergez-Chaignon, historienne et autrice de la biographie "Jean Moulin l'affranchi". Au prix du plus grand sacrifice.

Trahi par un des siens ?

80 ans après, un mystère règne toujours autour de la fin de Jean Moulin, alias Max, ou encore Rex... Le 21 juin 1943, il a rendez-vous avec l'état-major de la Résistance dans une grande bâtisse isolée de Caluire, au premier étage du cabinet médical du docteur Dugoujon. La Gestapo a été informée de la rencontre. Elle intervient. Jean Moulin, Raymond Aubrac et d'autres responsables de la Résistance sont arrêtés. 

À ce moment précis, Klaus Barbie, le chef de la Gestapo à Lyon, ne sait pas qu'il vient d'arrêter Jean Moulin. Son identité sera dévoilée quelques jours plus tard : un des résistants parle sous la torture.

Qui a informé de cette réunion chez le docteur Dugoujon ? Des soupçons se portent sur René Hardy, le seul résistant qui ce jour-là parvient à s'échapper, mais ce dernier a toujours clamé son innocence. La réponse reste inconnue à ce jour.

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L'arrestation de Jean Moulin, le 21 juin 1943 ©Sylvie Cozzolino

Quoi qu'il en soit, Jean Moulin a réussi l'essentiel de ses missions. Selon les mots de l'historien Henri Michel : "avant Jean Moulin, il y avait des résistants ; après Jean Moulin, il y avait la Résistance."

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