Pride de Lyon : 15 000 participants à la Marche des fiertés dans la capitale des Gaules

Depuis l'origine, la Pride "reste l'occasion de nous rendre visibles, d'investir un espace public qui peut se montrer hostile" expliquent ses organisateurs qui renouent cette année avec une manifestation d'ampleur au coeur de Lyon.

La marche des fiertés de Lyon a retrouvé son traditionnel défilé revendicatif cette année.
La marche des fiertés de Lyon a retrouvé son traditionnel défilé revendicatif cette année. © Beatrice Tardy

L'édition 2021 de la Marche des fiertés a débuté vers 14h30 depuis la place Bellecour. Le cortège, fort de 15 000 participants selon la police (et 30 000 selon les participants), est impressionnant. Il défile jusqu’à la place des Terreaux (Lyon 1er) avant de revenir à son point de départ par les quais de Saône .

"Même si beaucoup de nos actions ont été reportées ou annulées l’année dernière, notre militantisme, lui, ne l’est pas! Nous restons uni.e.s et motivé.e.s" explique Maxime Larcher, co-référent communication de l'association SOS Homophobie, qui appelle toutes les personnes LGBTI et leurs sympathisants à marcher, au cœur de la ville, pour dénoncer les violences et discriminations homophobes et transphobes. La journée ne comprendra pas de "village des fiertés" comme imaginé initialement. Pour des raisons sanitaires, le collectif a renoncé à la tenue des stands d’associations .

La PMA pour toutes et tous... Une question parfois vitale, car elle conditionne nos existences

L'événement a évidemment pour objectif de faire entendre la communauté LGBTQIA+. Une cause essentielle pour Antoine, membre du Collectif "Fiertés en lutte" qui en résume les grandes revendications "Il y a la PMA pour toutes, y compris pour les couples de lesbiennes et pour les personnes trans. on est, d'une certaine manière, unis autour de revendications communes. Ces mesures trainent depuis longtemps, et l'Assemblée nationale continue de repousser les votes. C'est un véritable problème parfois vital. Cela concerne la manière dont on mène nos existences. C'est donc très important que ces lois soient votées. " explique-t-il. 

Plusieurs milliers de personnes ont participé au cortège de cette édition 2021 privée de village et de stands, pour des raisons sanitaires
Plusieurs milliers de personnes ont participé au cortège de cette édition 2021 privée de village et de stands, pour des raisons sanitaires © Béatrice Tardy

Un cortège davantage politisé

Cette année, le mouvement est particulièrement politisé et ooposé notamment à l'extrême-droite. Les revendications s'adressent également au gouvernement, comme le rappelle Antoine "On a l'espoir que la Pride se politise et devienne de plus en plus revendicative. On revendique l'idée que des mesures soient prises contre l'extrême-droite et le facisme qui sont très présents à Lyon. Et qui sont vraiment violent à l'égard de notre communauté. A l'Etat, nous réclamons plus spécifiquement l'interdiction des thérapies de conversion. Il existe beaucoup de mouvements sur les réseaux sociaux qui réclame cette interdiction."

Une non-mixité qui suscite des contestations

Une organisation de défilé très millimétrée, qui a fait le choix de la non-mixité au sein de son cortège. Une décision qui n'a pas manqué de susciter de nombreuses réactions hostiles, notamment sur les réseaux sociaux.

Une marche des fiertés militante et politisée qui n'a pas manqué de faire réagir l'extreme-droite, qui a décidé de s'afficher sur le parcours des manifestants.

Des critiques qui n'empêchent Antoine, l'un des organisateurs, d'assurmer le choix de cloisonnement du défilé, afin de "mettre en avant d'autres composantes de la communauté LGBTQIA+"

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marche des fiertés

En mai à Tours, la polémique sur la zone "non-mixte pour les personnes LGBT+ racisées" de la Marche des Fiertés avait contraint les organisateurs à annuler la manifestation.

La non-mixité s'inscrit dans "une volonté de repolitiser la manifestation et de permettre à une partie de la communauté qui peut se sentir "invisibilisée" de donner plus de portée à leurs problématiques mais sans volonté d'exclusion. Tout le monde est bienvenu", fait valoir à l'AFP Hugo, un porte parole du Collectif Fiertés en lutte (CFL), organisatrice de la marche. "On a beaucoup réexpliqué la non-mixité car c'est nouveau en France mais c'est un outil militant", poursuit le responsable.

"Chacun-e est libre de choisir si il ou elle souhaite marcher en mixité ou non", a ajouté le collectif qui demandait toutefois aux participants de "respecter les cortèges en non-mixité".

La Marche des Fiertés a également réuni 7.500 personnes à Nantes et 7.000 à Strasbourg.

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