Rhône. Un nouveau protocole sanitaire pourrait encore retarder les examens du permis de conduire

Installer une paroi souple dans les véhicules d'auto-écoles pour passer le permis de conduire... et ceci, en l'espace d'une semaine. Ce nouveau protocole sanitaire fait grincer des dents parmi les professionnels de l'éducation routière.

La grogne monte dans les auto-écoles avec la demande d'installation d'une paroi souple à l'intérieur des véhicules à compter du 6 juillet 2020, faute de quoi l'accès aux centres d'examen du permis de conduire pourrait leur être refusé.
La grogne monte dans les auto-écoles avec la demande d'installation d'une paroi souple à l'intérieur des véhicules à compter du 6 juillet 2020, faute de quoi l'accès aux centres d'examen du permis de conduire pourrait leur être refusé. © MaxPPP
Les nouvelles consignes sont tombées en tout début de semaine. Le Bureau de l'Éducation Routière a décidé de modifier le protocole sanitaire en vigueur pour les examens du permis de conduire. A compter du 6 juillet : une paroi souple devra être installée dans les véhicules, séparant l'avant de l'arrière. Une décision qui fait bondir les syndicats d'auto-écoles.

Gilles Cuissot est le gérant de deux auto-écoles, à Tarare et à L'Arbresle. Depuis le déconfinement et la reprise de son activité, lorsqu'il donne une leçon de conduite, c'est port du masque, désinfection des mains et du véhicule entre deux passages d'élève. Rajouter une paroi souple pour aller à l'examen du permis ? Cela paraît bien compliqué, et à plusieurs titres, selon Gilles Cuissot.
 

D'abord il faut les trouver, les installer en l'espace d'une semaine, et il y a le coût. 95% des voitures d'auto-écoles sont des locations. Y installer une paroi, faire des trous pour la fixer, relèverait d'une modification du véhicule qui pourrait nous coûter assez cher à la restitution. 

Gilles Cuissot, membre du CNPA



Les professionnels de l'éducation routière ont également du mal à comprendre la cohérence de ce nouveau protocole. Pourquoi séparer l'avant de l'arrière, et maintenir une forme de proximité entre l'élève au volant et l'inspecteur qui lui fait passer l'examen ?
Membre du bureau du Rhône du CNPA (Conseil National des Professions de l'Automobile), Gilles Cuissot se fait le porte-voix de la branche syndicale de l'éducation routière. "Nous demandons à maintenir le protocole sanitaire actuel qui prévoit masques, visière et housse de protection des sièges, quand le moniteur accompagne l'élève à l'examen du permis de conduire". La demande a été envoyée le 1er juillet 2020 aux administrations compétentes.
 

Nous refusons catégoriquement l’installation de ce nouveau dispositif. Et si des examens nous sont refusés, nous bloquerons le centre d’examen des permis de conduire de Saint-Priest.

Gilles Cuissot



Le CNPA n'entend pas d'une bonne oreille la menace de se voir refuser des passages d'examen faute de ce nouvel équipement. "Nous, on veut juste travailler. Les clients sont là, et avec le confinement il y a déjà 3 mois de retard sur les passages au permis de conduire", insiste Gilles Cuissot.
Dans le département du Rhône, 350 à 400 auto-écoles sont concernées par la mesure et voudraient éviter ce nouveau coup de frein à leur activité.



 
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