Ce sont soixante-dix plaintes qui ont été déposées en France dans l'affaire des implants de stérilisation définitive Essure, commercialisés par les laboratoires Bayer jusqu'en septembre 2017. Des plaintes contre X pour "blessures involontaires, mise en danger et possiblement tromperie aggravée" déposées par trente-cinq femmes et leurs proches. Soixante-dix autres plaintes seraient en voie d'être déposées par l'entremise d'un cabinet lyonnais spécialiste des affaires de santé.

Ces femmes et leurs proches, venus des quatre coins de France, étaient réunis samedi 19 octobre, à Francheville, près de Lyon pour organiser la bataille judiciaire et faire le point sur ce scandale sanitaire avec leurs avocats lyonnais, des médecins et des chercheurs. Ces derniers tentent de faire la lumière sur les effets de ces implants. 

Au civil comme au pénal, ce sont bien des plaintes individuelles qui ont été déposées. Mais le combat de ces femmes est collectif. Il s'annonce long et laborieux ... "On est au début de la reconnaissance, mais ça va être un long combat judiciaire et probablement aussi politique," prévient Me Stephen Duval, avocat en droit de la santé.
 

Un calvaire au quotidien 


Tout a commencé avec un dispositif médical de stérilisation définitive. L'implant "Essure" se présente sous la forme d'un petit ressort expansible. Il est implanté dans le corps, au niveau des trompes de Fallope.

Des femmes soupçonnent cet implant d'être à l'origine de symptômes invalidants. Après l'implantation de ce dispositif gynécologique, certaines n'ont pas tardé à se plaindre d'une fatigue extrême, de troubles musculo-squelettiques, de troubles neurologiques, de vertiges, d'une baisse de la vision ou encore de chutes de cheveux, de pertes de dents... des effets indésirables et surtout un véritable calvaire au quotidien pour ces femmes implantées. 

Pour tenter de soulager leurs souffrances, de nombreuses patientes ont dues être explantées. Or, ce dispositif définitif n'est pas prévu pour être retiré. Le retrait de l'implant rime souvent avec une hystérectomie totale. Une épreuve chirurgicale et une ablation de l'utérus et des trompes vécue comme une mutilation. 
 

Des analyses inédites réalisées par un laboratoire lyonnais

Françoise Vanmuysen, chirurgien de profession et victime présumée des implants, était présente à la réunion samedi après-midi. Elle est la première à avoir payé des analyses scientifiques pour tenter d'établir le lien entre ses douleurs et son implant de stérilisation. 
Au printemps dernier, le laboratoire lyonnais Minapath a analysé l'implant usagé et du tissu utérin de cette patiente explantée. Les résultats ont montré un défaut de la soudure du dispositif et mis en évidence la présence de particules d'étain dans le tissu analysé...

Aujourd'hui le laboratoire Minapath reçoit de nombreuses demandes chaque jour pour procéder à des analyses de tissus ou d'implants de stérilisation. Chercheurs et médecins sont à présent aux côtés de ces femmes pour tenter de mettre en évidence des preuves irréfutables dans ce qui s'annonce être un long combat en justice. 
Scandale des implants contraceptifs Essure : le combat ne fait que commencer