Trenitalia à Lyon : on vous explique pourquoi les billets Paris-Lyon-Milan se vendent comme des petits pains

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La compagnie publique italienne Trenitalia met en vente à partir de ce lundi 13 décembre 2021 les billets de ses trains à grande vitesse entre Paris-Lyon-Turin-Milan. Ces trains rapides seront mis en service sur cette ligne le samedi 18 décembre face aux TGV de la SNCF.

Les billets sont en vente depuis 9 heures, ce lundi matin. Ils sont déjà pris d'assaut pour cette période de fêtes de fin d'année. Les billets partent comme des petits pains. A la mi-journée, à l'agence Trenitalia installée gare Part-Dieu, de nombreux trains italiens affichaient presque complets, dans les deux sens, pour cette période de fête. 

Et pour cause, le tarif pour un billet de base sur la ligne Lyon - Turin - Milan est proposé à 25 euros. 

Un prix mini pour un trajet Lyon-Turin, une aubaine pour les fêtes de fin d'année !

Cette offre alléchante qui fait déjà des adeptes alors que les trains ne circulent pas encore. A titre de comparaison, les tarifs SNCF dépassent allègrement les 100 euros pour un aller simple Lyon-Turin en 2e classe, en raison de la forte demande durant cette période festive. "Ceux qui, comme moi, n'ont pas planifié leur voyage suffisamment longtemps à l'avance s'en mordent les doigts."

Paris / Milan en Frecciarossa : 2 Allers Retours quotidiens

La SNCF voit ainsi arriver une première concurrente sur la ligne de trains à grande vitesse entre Paris et Milan, qui passe par Lyon. A partir de ce samedi 18 décembre 2021, des trains à grande vitesse italiens vont faire deux allers retours par jour, entre Paris Gare de Lyon et Milan Centrale, via Lyon Part-Dieu, Chambéry, Modane et Turin. La nouvelle liaison dépose les voyageurs en gare principale de Milan, noeud ferroviaire de la capitale lombarde. Un avantage par rapport au concurrent français qui effectue son terminus en gare de Porta Garibaldi, une autre gare milanaise.

"Enfin une liaison directe pratique pour les Lyonnais"

A Lyon, cette nouvelle possibilité de voyager par le rail vient bousculer les offres existantes. La solution SNCF n'est pas toujours la plus appréciée des voyageurs lyonnais (intra-muros) souhaitant rejoindre Turin ou Milan. "Il faut emprunter un TER depuis Lyon Part-Dieu, avec une correspondance parfois deux. Les liaisons directes par le rail sont rarissimes". Gain d'argent, mais aussi gain de temps. La compagnie italienne affiche un trajet de 4 heures entre Lyon et Turin. Côté SNCF, la liaison peut prend jusqu'à 4h35.


Trenitalia : une politique tarifaire offensive

Pour effectuer un voyage Paris-Milan dans les fameux trains italiens, les premiers prix seront de respectivement 29 euros et 36 euros, a indiqué un communiqué de Trenitalia. 

La compagnie ferroviaire italienne propose aussi une "classe exécutive comfort" plus chère, avec salons privés. Le tarif est plus élevé : 139 euros. Mais l'opérateur mise sur le service.

Enfin, les billets seront échangeables à volonté, et remboursables jusqu'au départ du train avec une retenue de 20%, selon le communiqué de Trenitalia. 

Bientôt un Paris- Lyon à prix cassé

Trenitalia devient le premier opérateur à défier la SNCF sur le marché convoité de la grande vitesse en France depuis l'ouverture en accès libre de ce secteur à la concurrence en décembre 2020.

Mais l'offre actuelle devrait être complétée d'ici le premier semestre 2022 par trois allers-retours quotidiens entre Paris et Lyon. Il s'agit de la liaison à grande vitesse historique de la SNCF, également la plus rentable de France. Entre Paris et Lyon, la compagnie italienne promet des billets à partir de 23 euros en seconde classe, et à partir de 29 euros en première classe.

Les usagers apprécient déjà 

Cette ouverture à la concurrence du rail français est jugée "intéressante" par les usagers interrogés ce lundi gare de Lyon, à Paris. Les tarifs proposés par la compagnie italienne sont appréciés, notamment par les jeunes qui trouvent les trajets SNCF "très chers".

"On pourra avoir plus de chances de prendre le train qui aujourd'hui est cher (...) ça permettra aux gens qui n'ont pas forcément les moyens de prendre le train ou l'avion, de voyager," expliquait une étudiante montpelliéraine. "Si on a le choix, on prendra le moins cher," assure une autre jeune femme. 

Des tarifs à 29 euros : c'est magnifique ! En plus au mois de décembre, c'est parfait !"

Une voyageuse, gare de Lyon

"Je connais très bien les tarifs Paris-Lyon qui sont assez excessifs. Il faut s'y prendre assez tôt. Il y a le réseau Ouigo mais il augmente aussi ses prix," explique une troisième jeune femme qui n'avait pas entendu parler de la compagnie Trenitalia jusqu'à présent. Elle se réjouit des tarifs annoncés par Trenitalia.

Certains voyageurs s'inquiètent cependant de l'entretien des infrastructures ou encore de la protection des salariés de la SNCF et du maintien de leurs emplois. 

La compagnie Trenitalia déjà présente en France 

Si ce sont les premiers pas de Trenitalia en France sur la voie des trains à grande vitesse, la compagnie italienne était déjà présente à travers sa filiale Thello -rebaptisée depuis Trenitalia France.

Il y exploitait deux lignes aujourd'hui fermées. Ainsi, le train de nuit Paris-Milan-Venise, dont la circulation était suspendue depuis le début de la crise sanitaire le 10 mars 2020, n'a pas repris. L'autre ligne, la liaison Marseille-Nice-Milan, que Thello exploitait depuis 2014, a été arrêtée le 29 juin dernier.

Le bus : pour ceux qui aiment les voyages par la "root"

Pour rejoindre la capitale du Piémont ou celle de la Lombardie depuis Lyon, les voyageurs ont également la possibilité de voyager par la route avec l'offre des bus longues distances Flixbus ou BlablaCar Bus. Des transports souvent pris d'assaut. Mais c'est surtout la gare routière qui fait grincer des dents, dépourvue de confort et inexistante après minuit A Lyon, après la fermeture de la gare Perrache pour la nuit, les voyageurs doivent se rendre sous le pont autoroutier pour attendre leur bus, près du pont Kitchener. Autrefois, ils attendaient devant la Brasserie George. Absence d'accueil ou d'information pour les usagers, insécurité, et toujours aucun endroit pour s'assoir ou se mettre au chaud, encore moins de toilettes sous ce pont qui a abrité un bidonville en 2013.