Vienne (Isère) : les parents du petit Théo font le procès du glyphosate

Les parents de Théo s'engagent dans une longue procédure devant la justice en poursuivant les fabricants du glyphosate, dont le groupe Monsanto. Un herbicide à qui ils attribuent les handicaps de leur fils. Une plainte argumentée alors que la France remet en cause la licence d'exploitation.         

Par Ph.Bette avec l'AFP

C'est une procédure qui prendra des années et qui constituera sans doute une première en France pour ce type de pathologie. Une procédure qui vise "à établir la responsabilité respective des fabricants du glyphosate mis en cause dans les malformations congénitales de l'oesophage et et du larynx de Théo", selon les termes des avocats de la famille Grattaloup qui vit à Vienne ,en Isère..

Depuis un "tribunal Monsanto", un "procès citoyen" organisé fin 2016 à La Haye, le couple se dit encore plus convaincu que les fabricants d'herbicides comme Monsanto "étaient au courant de certains dangers du glyphosate, qu'ils n'ont rien fait (...) et qu'ils font tout pour que ça continue".

Mais revenons à la génèse de cette affaire. A la naissance de Théo, force est de constater qu'il souffre d'une atrésie de l'oesophage, une sévère anomalie de la trachée qui l'empêche de respirer normalement et même de s'alimenter. Une malformation extrêmement peu répandue puisqu'il n'y a que 200 cas recensés en France.

Le chirurgien qui prend en charge le nourrisson et qui devra finalement l'intuber pour qu'il puisse survivre est intrigué. Ses parents tout autant. Ils ne comprennent pas l'origine du mal puisqu'ils vivent tout près de la nature et mangent bio. Jusqu'au jour où Sabine, la maman, fait le rapprochement entre la pathologie de son fils et le glyphosate ,le puissant desherbant qu'elle a utilisé dès les premières semaines de sa grossesse. Une période dont elle découvre qu'elle est déterminante pour la formation des organes dont est dépourvu justement son fils à sa naissance.   
Interview : Yannick Kusy- Cedric Lepoittevin  

En 2010, soucieuse d'alerter les autorités sur les dangers du glyphosate, la famille Grattaloup alerte la présidence de la République, le Premier ministre de l'époque et les minsitères concernés. "Rien ne s'est produit", regrette M. Grataloup, malgré l'intervention des députés Julien Dray (PS) et Jacques Remiller (UMP) qui ont posé chacun une question écrite au gouvernement.

Aujourd'hui, la famille est convaincue que les fabricants du glyphosate commercialisent ce produit toxique en toute connaissance de cause. "C'était marqué (sur les bidons) qu'il ne fallait pas respirer les vapeurs mais il n'y avait aucune information - et il n'y en a toujours pas - sur le caractère tératogène (ndlr: susceptible de créer des malformations) du produit", indique le père de Théo. Le couple isérois entend donc saisir la justice pour dénoncer non pas seulement "une faute mais aussi une fraude".

Glyphosate: la maman de Théo explique son combat
Les parents de Théo ,un petit garcon de 10 ans victime d'une malformation congenitale et lourdement handicapé, vont porter plainte contre les fabricants du glyphosate dont Monsanto .Sabine Grattaloup explique ici les raisons de leur combat judiciaire qui ne fait que débuter .

  

Cette plainte intervient alors que la France est le seul pays, avec l'Autriche et l'Italie à s'opposer à la proposition de la Commission européenne de renouveler pour 10 ans la licence d'exploitation du glyphosate. Son exploitation actuelle s'éteint fin décembre.          

 
      



     
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