Villeurbanne: Dowino crée un jeu video immersif qui a “du fond”

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Dowino, un studio de création indépendant basé au Pôle Pixel à Villeurbanne a développé une application immersive qiui permet de se mettre à la place d'un migrant ou d'un handicapé ou qui propose d'arrêter de fumer. Une nouvelle tendance de fond pour donner plus de sens au jeu video.

Par Philippe Bette

Les jeux vidéo "à message" se multiplient: se mettre dans la peau d'un migrant,d'un civil en guerre, d'un aveugle. Fini le divertissement pur, de petits studios de création indépendants, comme le français DOWiNO, cherchent à donner du sens à la première industrie culturelle mondiale.

Dans ce nouveau paysage, la France n'est pas en reste avec quelques pépites comme "A Blind Legend", l'histoire d'un chevalier aveugle. Initialement conçu pour les personnes malvoyantes, le jeu a finalement été téléchargé plus d'un demi-million de fois. "Dans ce jeu sur mobile en +free to play+, tu te diriges uniquement au son 3D", raconte Pierre-Alain Gagne, cofondateur de DOWiNO, un studio de création basé à Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon (centre-est), qui a conçu cette application.

Ce studio est un ovni dans le secteur: c'est une société coopérative fondée fin 2013 par trois trentenaires dont l'objectif unique est de faire des jeux à intérêt général. Les seuls à avoir poussé la démarche aussi loin. Installés sur le "Pôle pixel" de Villeurbanne, ils ont pour clients une marque de papier éco-responsable, une association de protection de l'enfance, etc.

Mais ils auto-produisent aussi des jeux grâce au financement participatif. Leur prochain gros projet: "Smokitten", un jeu pour arrêter de fumer."Il y a un petit chat qui a arrêté la clope et il va falloir l'occuper pour qu'il ne rechute pas. Il y a aura des actions de défoulement et de relaxation. Au fil du jeu, si le chat (et donc le joueur) tient, l'île sur laquelle il est va petit à petit se régénérer", explique Pierre-Alain Gagne.

C'est une "tendance de fond", confirme Julien Villedieu, secrétaire général du Syndicat national du jeu vidéo (SNJV), en France. Car les joueurs ont vieilli (41 ans en moyenne): ils cherchent aussi du fond dans un jeu et pas seulement à appuyer sur la gâchette ou conduire des karts.


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