Lyon : vitrine de l'horloger de Saint-Paul vandalisée, l'extrême droite suspectée

© Jules Couderc
© Jules Couderc

La vitrine de l'atelier de Philippe Carry, horloger d'art depuis 30 ans dans le Vieux Lyon, a été vandalisée vendredi matin. Au moins 8 impacts ont été relevés. L'artisan avait déjà été trois fois victimes de militants d'extrême droite, à cause de son engagement pour la diversité du Vieux-Lyon.

Par Christian Conxicoeur

"Ca devait arriver" dit d'une voix presque tranquille Philippe Carry. "C'est dans la logique de l'extrême-droite dans le quartier (...) ils s'en prennent au gens qui défendent le Vieux Lyon, pour en faire leur territoire." 

Vendredi au petit matin, les riverains ont entendu du bruit au 20 de la rue Juiverie, dans le Vieux Lyon. Une dizaine de coups étaient portés avec un objet contondant à la vitrine de l'atelier de Philippe Carry, horloger d'art, dont la boutique porte le nom-hommage de "l'horloger de Saint-Paul", en référence au film éponyme de Bertrand Tavernier.

Une pression croissante dans le quartier

Présent dans le quartier depuis exactement 30 ans Philippe Carry assure qu'il doit la tentative de destruction de sa vitre blindée aux identitaires qui ont élu domicile dans le Vieux Lyon. Depuis une quinzaine de jours, il observait comme les autres commerçants que des autocollants de ce mouvement-déjà très actif depuis plusieurs années- étaient apposés un peu partout sur les mûrs et le mobilier urbain.

Mais voilà, Philippe est un défenseur du quartier : il prône depuis toujours la diversité dans le Vieux Lyon, ce qui correspond selon lui à une vérité historique, et il n'hésite pas à le faire savoir dans des interviews.  Alors par trois fois, il a subi des insultes, des menaces et il a déposé plainte. Pour lui, cette fois, c'est une interview publiée la semaine dernière au Mag2lyon qui semblerait avoir provoqué l'ire de sympathisants d'extrême droite .

La ville condamne fermement les groupuscules d'extrême-droite

Dans un communiqué, la Ville de Lyon et les élus du 5e arrondissement ont condamné "avec la plus grande fermeté cet acte de vandalisme particulièrement brutal qui signe manifestement une volonté d’escalade de groupuscules d’extrême-droite à Lyon. La Ville de Lyon prendra immédiatement des mesures pour augmenter la vigilance dans ce secteur."

De son côté, le mouvement "Génération identitaire" par la voix de son porte-parole Clément Galant, a tenu à faire savoir qu'il n'avait rien à voir avec ces actes de vandalisme et qu'il refusait d'y être associé.

Philippe, qui devra changer sa vitrine, assure que cela menace en rien la pérennité de son atelier. Lui qui vient de restaurer l'horloge de la gare Saint-Paul pour le compte de la SNCF, assure qu'il continuera à défendre le patrimoine lyonnais. Quant aux auteurs de cet acte de vandalisme, pour lui c'est évident "au fond d'eux, ils n'aiment pas Lyon". 

Lyon : quand l'horloger de St-Paul restaurait l'horloge de la gare St-Paul
C'est forcément un chantier emblématique pour cet artisan : la restauration de l'horloge de la Gare St-Paul de Lyon. Un élément du patrimoine lyonnais, restauré par "l'Horloger de Saint-Paul", un nom qu'il a pris en hommage au film éponyme de Bertrand Tavernier. Reportage diffusé le 15/12/2016 dans l'édition locale de France 3 Grand Lyon. Journalistes : Julien Sauvadon et Cathy Colin. Montage Olivier Bodson.


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