Les sœurs siamoises camerounaises sont arrivées à Lyon. L'équipe d'experts se prépare à l'opération

Les sœurs siamoises, Bessy et Eyenga, sont enfin arrivées à Lyon / © FTV
Les sœurs siamoises, Bessy et Eyenga, sont enfin arrivées à Lyon / © FTV

Les deux soeurs siamoises camerounaises, Bessy et Eyenga, ont enfin atterrit à l'aéroport de saint Exupéry à Lyon. Elles vont s'installer au sein de leur famille d'accueil en attendant leur opérationle 7 novembre. 

Par N.MB

Enfin, les deux soeurs siamoises, parties du Cameroun, sont arrivées à Lyon, accompagnées de leur mère. Le voyage s'est bien passé, et le comité d'accueil était à la hauteur de l'événement. Elles vont maintenant faire connaissance avec leur famille d'accueil avant leur opération prévue le 7 novembre.

Bissie et Eyenga sont nées le 6 novembre 2018, à Ayos, une petite ville du centre du Cameroun à environ 140 kms de Yaoundé. Elles sont siamoises, reliées par l’abdomen (une partie du foie et des voies biliaires est commune aux deux).

Agées de 11 mois aujourd’hui, Bissie et Eyenga doivent être opérées sans tarder : elles sont parties donc de Yaoundé (Cameroun) avec leur mère et le chirurgien Camerounais le Pr Mouafo pour une arrivée à Lyon ce 1er novembre.
La famille est accueillie par l’antenne de La Chaîne de l’Espoir à Lyon qui les accompagnera tout au long de leur séjour en France grâce à deux familles d’accueil qui se relaieront après l’opération pour les héberger.

Première consultation le 4 novembre à l’hôpital HFME, et si tout va bien, l’opération devrait avoir lieu le 7 novembre. 

Une équipe médicale "confiante"

Pierre Yves-Mure est le médecin chirurgien pédiatrique de l’Hôpital Femmes Mères Enfants de Lyon qui a accueilli les deux petites sœurs à l’aéroport de St-Exupéry de Lyon et qui encadrera les siamoises tout au long de leur séjour en France. Son rôle sera notamment de coordonner l’ensemble des acteurs médicaux durant l’opération des deux enfants.

Le docteur Pierre Yves-Mure a rencontré ces filles à Youné au Cameroun où il travaille assez régulièrement. Depuis 10 ans il fait partie de ces professionnels qui ont monté des programmes de missions chirurgicales pour des malformations urinaires assez complexes par exemple, et ça fonctionne très bien.

Et en décembre 2018, ces deux petites filles lui ont été présentées attachées par l’abdomen "on m’a demandé conseil concernant leur prise en charge" raconte le Docteur Pierre-Yves Mure. Pour le médecin, il est peut être possible de les séparer. "Il est apparu très rapidement que pour des raisons de sécurité pour ces petites filles, on ne pouvait malheureusement pas faire l’opération au Cameroun." Pour le professeur et son équipe, il a fallu prioriser la sécurité des enfants. A partir de là, une requête a été formulée sur demande des autorités camerounaises, de faire venir ces enfants en France et en particulier à Lyon. "A Lyon nous avons toutes les équipes qui permettent d’avoir une expertise dans ce domaine et de proposer une prise en charge chirurgicale optimale."

C’est une opération très exceptionnelle

En effet cette opération est très exceptionnelle. "Les bébés siamois c’est à peu près une naissance sur 200 000. Quelques cas sont opérés en France, principalement sur Paris. Sur Lyon, nous n’en avons encore pas opéré mais je sais par expérience que nous avons l’expertise pour cette chirurgie."
Mais est-ce que ces experts peuvent assurer de pouvoir les séparer ? "Les bébés siamois peuvent être attachés aussi bien au niveau cérébral, thoracique ou encore abdominal comme c’est le cas de ces petits filles. Le premier bilan fait au Cameroun montrait sur ces deux sœurs, que c’est principalement le foie qui est commun aux deux enfants. Notre équipe est parfaitement adaptée à ce genre de séparation » Le docteur Pierre Yves Mur est plutôt serein. L’équipe d’experts sera dirigée par le docteur Rémi Dubois. "Il faut savoir que cette opération est un travail d’équipe. Il y aura des plasticiens car il faudra ensuite refermer la paroi abdominale, Nous nous sommes aussi entouré de chirurgiens pédiatres, des anesthésistes, des réanimateurs etc. En fait c’est quasiment tout l’hôpital qui est mobilisé pour prendre en charge ces enfants."

L’objectif est  bien sûr de les séparer mais aussi de leur permettre de retourner dans leur pays, au Cameroun. Et bien sûr d’avoir une vie la plus normale possible. 
 

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