Aide soignante empoisonneuse de Chambéry : “sa volonté était de tuer” selon l'enquêteur

Le procès de l'aide soignante "empoisonneuse" se poursuit à Chambéry devant les assises de Savoie. Ludivine Chambet est acusée d'avoir causé la mort de dix résidents de la maison de retraite où elle exerçait à Jacob-Bellecombette entre 2012 et 2013. Selon un enquêteur "sa volonté était de tuer".

Par AFP

Le directeur d'enquête dans l'affaire de l'aide-soignante empoisonneuse a estimé ce jeudi 11 mai 2017 devant la cour d'assises de la Savoie que "la volonté" de Ludivine Chambet "n'était pas d'apaiser mais de tuer" les personnes âgées à qui elle administrait des médicaments.
"La volonté profonde de Ludivine Chambet n'était pas d'apaiser, mais de tuer", a déclaré le capitaine de police Olivier Sotty, après avoir retracé les étapes de son enquête et notamment la garde à vue de l'accusée, au troisième jour de son procès pour l'empoisonnement de 13 retraités, dont 10 en sont morts.


Quand les policiers viennent l'interpeller en décembre 2013 chez ses parents, où elle était revenue habiter au moment de la maladie de sa mère, Mme Chambet n'était "pas du tout abattue, pas impressionnée, au contraire", a raconté M. Sotty.
"Je n'ai pas compris que c'était pour moi précisément", expliquera un peu plus tard la jeune femme de 34 ans. "Je pensais que mes collègues avaient aussi été interrogés. J'ai d'ailleurs laissé mon père sans le regarder et sans rien lui dire".


Elle est calme, elle ne pleure pas, elle est précise dans ses réponses
 


Lors de la garde à vue, "j'ai eu affaire à une combattante qui ne tremble pas, quelqu'un qui comprenait bien ce qu'on lui disait, quelqu'un de vif d'esprit", a dit aussi le capitaine Sotty. Une description qui tranche avec l'attitude à l'audience de Ludivine Chambet, en retrait et affaissée, sous l'effet d'une forte médication.
"Elle est calme, elle ne pleure pas, elle est précise dans ses réponses au point qu'à notre demande, elle livre les noms des médicaments administrés", poursuit l'enquêteur, qui notera au cours de ses investigations une évolution dans les cocktails médicamenteux fatals.


10 à 15 gouttes mélangées dans un verre
 


Outre Elise Maréchal, dont le décès le 29 novembre 2013 a sonné l'alarme, y a-t-il eu d'autres victimes ? "Ludivine Chambet baisse le regard, compte sur ses doigts, relève la tête: elle donne cinq autres noms", relate encore l'enquêteur à la barre.
Elle expliquera aussi les "10 à 15 gouttes mélangées dans un verre" puis "donne de nouveaux noms, soit neuf victimes identifiées". D'autres encore ? "Je ne pense pas", répond-elle à l'époque aux policiers.

"Quand elle compte sur ses doigts, on sent qu'elle a un moment d'hésitation. Ce n'est pas un problème d'honnêteté, c'est un problème de mémoire", souligne le capitaine Sotty à la cour.



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