La Cène détournée par le Salon du Goût d'Arêches-Beaufort (Savoie)

© Photo Nathalie Rapuc / France 3 Alpes
© Photo Nathalie Rapuc / France 3 Alpes

C'est loin d'être la première fois que le fabuleux tableau de Léonard de Vinci est détourné. On l'a vu inspirer des publicités de mode ou d'automobile... Cette fois, il illustre l'affiche du Salon du Goût d'Arêches-Beaufort, fromage trônant sur la table, devant un Christ très "néo-babacool".

Par Céline Aubert

Et si pour son dernier repas, le Christ se régalait d'un morceau de Beaufort? Cette "scène" vous semble incongrue, c'est bien pourtant le sujet choisi pour l'affiche du Salon du Goût, l'événement culinaire qui se tient chaque année dans la petite ville d'Arêches-Beaufort. 

L'affaire a pris des allures de mini scandale, les commerçants des deux villages (Arêches et Beaufort) refusant pour la plupart de coller l'affiche dans leurs boutiques. Un groupe de personnes de la paroisse de Saint-Roch-en-Beaufortain aurait également écrit à la ville. Mais le conseil d'administration de l'Office de Tourisme a validé le choix de ladite affiche. 

Le mini scandale de l'affiche du Salon du Goût
Lieu de tournage : Arèches-Beaufort (Savoie). Intervenants : Michele Avocat, commerçante; Sylviane Gachet, déléguée pastorale; Guy Sevessand, membre du conseil d'administration

La Cène, l'Art et la pub 

Le chef-d'oeuvre de la Renaissance italienne a été copié presque dès sa création en 1497. Au XXe et XXIe siècles, le dernier repas de Jésus a donc tout naturellement inspiré la pub, qui a souvent tenté des rapprochements avec l'Art depuis Warhol. Le peintre du pop-Art avait d'ailleurs lui-même peint "sa" Cène. Autres beaux exemples, celles de Dali et David Lachapelle. 


En 1998, les affiches publicitaires de Volswagen défraient la chronique. Car elles annoncent la naissance d'un nouveau messie...

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"Réjouissez-vous mes frères, car la nouvelle Golf est née" peut-on lire. L'épiscopat français décide de poursuivre l'agence de publicité et le groupe Volswagen devant le Tribunal de Grande Instance de Paris. Les affiches sont retirées, la firme fait un don au Secours Catholique. Le cardinal Lustiger fustige alors "les fils de Pub" et l'argent roi. 




Plus récemment en 2005, la publicité des créateurs de mode Marithé et François Girbaud.

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Oui, vous avez bien vu les fesses rebondies (et huilées) d'un homme. Le Christ et ses saints sont des femmes. Années 2000, on monte d'un cran dans le détournement. Là encore, l'Eglise intente une action en référé. Les affiches sont retirées, mais les magazines sont libres de la diffuser dans leurs pages. 





Les publicités de ce type sont légion, notamment  pour les séries "Lost", "Soprano" ou "Docteur House"... Voici la version Lego, nettement plus sage.

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Et la version "Simpson", qui transforme le vin de messe en bière fraîche. 
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