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Le tribunal de commerce de Chambéry décide d'un redressement judiciaire pour Metaltemple en Maurienne

Metaltemple qui fabrique des pièces automobiles à Saint-Michel-de-Maurienne, a déposé son bilan lundi 4 février en soirée. Au lendemain de ce geste, le tribunal de commerce de Chambéry a décidé de placer l'entreprise en redressement judiciaire.

L'entreprise fabrique des pièces de fonte et de plastique pour l'industrie automobile
L'entreprise fabrique des pièces de fonte et de plastique pour l'industrie automobile © France 3 Alpes
Le tribunal de commerce de Chambéry a été chargé de constater l'état de l'entreprise Metaltemple en analysant les documents comptables et financiers remis par la société. Après examen de ce bilan, le juge a décidé d'ouvrir une procédure de redressement judiciaire. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, la société entre donc dans une phase d'espoir. L'administrateur judiciaire a 6 mois pour redresser la barre mais il estime qu'en 3 mois des choses sont faisables.

Certes, les comptes sont au rouge, un chiffre d'affaires en baisse de 5 millions d'euros, mais l'entreprise a des contrats fermes en vue et n'a pas encore bouclé le tour de table de tous ses partenaires potentiels. Des négociations seraient en cours avec les clients historiques de la fonderie, Peugeot et Renault.

Juin 2011, les équipementiers investissent 10 millions d'euros


Ce sont les constructeurs qui avaient déjà permis, en juin 2011, à l'entreprise de sortir la tête de l'eau. Plus exactement le FMEA, le fonds de modernisation des équipementiers automobiles, qui avait décidé d'investir 10 millions d'euros dans l'usine de Saint-Michel. L'heure était au soulagement pour les 264 salariés du site et pour son PDG: "ce n'est pas un fonds d'investissement comme un autre, qui vient et qui repart", assurait alors Gianpiero Colla, qui envisageait l'avenir avec prudence mais optimisme.

Créé en 2009 au plus fort de la crise de l'industrie automobile, le FMEA a déjà investi dans 21 sociétés à travers tout l'hexagone. "Son choix de donner un coup de pouce à Metaltemple a reposé notamment sur le savoir-faire de l'usine, capable de produire des pièces très complexes", assurait le PDG. 


Le carnet de commande de Metaltemple, qui fabrique des pièces détachées d'acier et de fonte pour l'industrie automobile, était reparti à la hausse. Deux jolis contrats avaient même été signés avec Fiat et Wolkswagen. Les syndicats évoquaient alors la possibilité de ré-embaucher, comme cela s'était fait dans l'autre usine du groupe en Aquitaine.

Une usine tributaire des constructeurs automobiles


Six mois avant cette bouffée d'oxygène, en janvier 2011, la direction de Metaltemple avait déjà décidé de supprimer 65 postes, dont 51 postes d'ouvriers.
A l'origine de ce plan social, la chasse aux coûts de production lancée par Carlos Ghosn, le président du groupe Renault. Le constructeur avait choisi de faire fabriquer ses pièces dans les pays low-cost, en Chine en particulier. Le chiffre d'affaires de Metaltemple s'en était ressenti immédiatement, passant de 30 millions d'euros en 2009 à 17 millions en 2011.


Metaltemple, une usine historique de la vallée


Et dire que c'est Louis Renault qui a monté cette usine en 1917 ! Une usine qui influence depuis toujours la vie économique de la région: "quand Metaltemple s'enrhume, c'est toute une partie de la vallée de la Maurienne, déjà mise à mal par la crise industrielle", assure le délégué CGT, Denis Bergeret. Metaltemple s'est "enrhumée" plus d'une fois, ballottée par la crise, sévère, de l'industrie automobile.

Placée en redressement judiciaire en 2007, rachetée en 2008 par le groupe Italien B4, l'usine a perdu 200 emplois en trois ans. Il n'empêche, à chaque fois, elle s'est relevée, tant bien que mal. La combativité du groupe italien qui la dirige désormais y est pour beaucoup, le savoir-faire des ateliers aussi. En février 2011, en plein plan social, la part des pièces de très haute précision produites pour le compte de marques allemandes (BMW et Volkswagenn) était passée de 15 à 30%.

A Saint-Michel-de-Maurienne, ce mardi 5 février, on espère pouvoir compter une nouvelle fois sur les constructeurs.
 
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