Salon de l'agriculture : François Hollande a bien rencontré Bella, la vache tarine de Lanslebourg

Elle est la vraie star du 51e salon de l'agriculture. La vache Bella a été choisie pour illustrer l'affiche de la "plus grande ferme de France". Alors, forcément, Bella a eu l'honneur d'une visite présidentielle. François Hollande est venu la saluer au petit matin. Voici son histoire!

Le président de la République est logiquement venu saluer la vache Bella, mascotte du 51e salon de l'agriculture.
Le président de la République est logiquement venu saluer la vache Bella, mascotte du 51e salon de l'agriculture. © AFP
Bella, vache tarentaise de sept ans. Et désormais vedette. La "Savoyarde", tête d'affiche du salon de l'agriculture, est l'une des 13 500 tarines officiellement recensées dans les exploitations agricoles françaises, 70% d'entre-elles vivant dans le seul département de la Savoie. Quelques-autres étant présentes dans les Alpes du Sud ou le Massif Central. Un troupeau finalement assez marginal, eu égard au plus de deux millions de Prim'Holstein, ces vaches laitières noires et blanches.

Il faut dire que comme toutes les tarines, Bella produit moins de lait que ses nombreuses homologues. Mais le sien est autrement plus parfumé. Un lait qui permet de produire les meilleurs fromages des Alpes, tels que le Beaufort, la Tome des Bauges, l'Abondance et même le Reblochon.

Mais derrière Bella se cache aussi un homme : Stéphane Tourt, son propriétaire. Comme beaucoup d'éleveurs savoyards, il est double-actif depuis plus de 30 ans : éleveur l'été et moniteur de ski l'hiver. Associé à Annick, sa femme, et à Yoann, son neveu, Stéphane Tourt travaille au sein d'un GAEC. Autrement dit, un Groupement agricole d'exploitation en commun. Une structure assez répandue dans les pays de montagne et qui permet aux agriculteurs de se regrouper et de travailler ensemble.

L'hiver à l'étable, l'été aux alpages

Depuis 1996, la famille a fait le choix de se consacrer exclusivement aux Tarines en délaissant par la même occasion les Abondances. Aujourd'hui, les Tourt sont à la tête d'un troupeau d'une soixantaine de têtes. Bella fait partie d'entre elles. Et comme toutes ses "copines", la demoiselle est choyée. D'avril à octobre, elle vit bien au chaud à l'étable et se nourrit essentiellement de foin. Au retour du printemps, elle retrouve les prairies. D'abord celles situées en moyenne montagne puis au plus fort de l'été au delà de 2000 mètres d'altitude. Au grand air, Bella et les autres Tarines se nourrissent alors de l'herbe des montagnes. L'éleveur, lui, s'occupe de la traite grâce à un appareil portatif.

Bella, plus forte qu'un paravalanche!
 

Et pourtant, les Tarines ont bien failli disparaître du paysage savoyard. Pas assez productives, elles ont été particulièrement menacées. Jusqu'en 1974. Cette année-là, une UPRA (Union pour la race) est créée en Savoie. Son but : rassembler tous les acteurs impliqués dans le dossier. De l'éleveur à la coopérative en passant par les institutions chargées de l'aménagement du territoire. Une UPRA qui donnera ensuite naissance, en 1992, à Fédération mondiale de la vache Tarentaise. Rien que ça!

Il faut dire qu'il y avait un intérêt tout particulier à la préservation de la race. La Tarine, en vivant dans les alpages, participe en effet à l'entretien des paturages. Une condition sine qua non pour que la neige tienne bien sur les pentes l'hiver venu : l'herbe broutée à ras par les vaches permet en effet de mieux retenir le manteau neigeux. Bella aiderait donc à prévenir voire éviter les avalanches. Mais sa présence assure aussi le maintien de la biodiversité dans les Alpages savoyards.

Au delà des flashs des photographes, la "star" de Paris est donc aussi une actrice essentielle de sa région!



 

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