Vaccination : "une course de vitesse" dans laquelle "il faut accélérer" selon deux députés de l'Ain et la Loire

Deux députés d'Auvergne Rhône Alpes ont appelé ce matin à accélérer le processus des vaccinations contre la Covid. Le député de la Loire Régis Juanico dénonce "l'amateurisme de l'Etat". De son côté, la députée de l'Ain Olga Givernet alerte sur la trop grande prudence de l'Agence régionale de santé.

Dans l'Ain, Olga Givernet (lrem) et dans la Loire, Régis Juanico (Générations) partagent l'idée qu'il faut accélérer les vaccinations, mais ils expliquent les lenteurs de deux manières différentes

Invité par nos confrères de France Bleu ce lundi matin, le député de la Loire de la (GénérationS) Régis Juanico ne cache pas son inquiétude. Il reproche au gouvernement d’avoir trop tardé à vacciner : « Aujourd’hui il y a une lenteur assumée mais qui serait plutôt un aveu de faiblesse. On a fait de la vaccination avec les premières vaccinations le 27 décembre, et depuis plus rien ne se passe.  On est à environ 500 vaccinés et les allemands à 250 000. Dans la Loire, rien n’était prévu jusqu’au 11 janvier. Pendant 15 jours, rien ne se passe. » a-t-il regretté.

Dans l’Ain, la députée de l'Ain (Lrem) Olga Givernet, contactée par nos soins, reconnaît une forme de lenteur dans la mise en œuvre des vaccinations, qu’elle attribue à l’Agence régionale de santé « Je réaffirme la nécessité de vacciner au plus vite et j’appelle les services de santé – à savoir l’ARS et les préfets mobilisés sur le sujet- à se mettre dans l’état d’esprit d’administrer ce vaccin, et de ne pas en faire de la comptabilité ou de la réserve. Il faut faire attention à ne pas voir le vaccin comme une dépense. Ce sont les craintes que nous avons dans les retours de l’administration, qui se dit qu’il faut « les préserver ». Non! il faut y aller. »

Pour Régis Juanico, l’Etat a multiplié les erreurs : « Aujourd’hui on a l’impression que le gouvernement a établi son calendrier de vaccination en fonction du nombre de doses disponibles. Au premier semestre, d’après le Ministère de la santé, on dispose de 8 millions de doses de deux laboratoires différents. Or, dans les ehpad, il en faut déjà 1 million. Les soignants de plus de 50 ans, c’est aussi plus d’un million. Et les plus de 65 ans aujourd’hui, c’est 8,5 millions. Soit un total de 10 millions de personnes à vacciner et on n’a que 4 millions de doses, puisqu’il en faut deux par personne. Je demande que le gouvernement écoute enfin les parlementaires et les élus locaux. Il faut élargir à tous les soignants, ce qui redonnera la confiance à la population." explique-t-il.

La députée de l’Ain estime que tout est prêt « Les congélateurs ont été délivrés dans chaque département et sont donc en place. Les préfets sont en charge de la sécurisation de ces outils, et de recevoir les doses. Il appartient à l’Agence régionale de santé d’acheminer les doses selon la stratégie. Il faut le faire de la manière la plus rapide possible. Selon mes informations, cela va se faire dans les 2 ou 3 jours à venir. Une accélération est donnée : cela ne concernera plus seulement quelques ehpads par département mais il y aura aussi l’ouverture de centres de vaccinations et l’accès au vaccin pour les soignants de plus de 50 ans. »

Comment accélérer la vaccination ?

Pour accélérer le rythme, le député de la Loire lance des pistes concrètes : « Il faut des centres de vaccination, le plus possible, partout. Aujourd’hui, les pharmacies ou les médecins généralistes ne pourront pas tout absorber. On ne s’est pas appuyé sur les moyens logistiques des services de l’Etat, de l’Armée, la Croix rouge. Il faut les déployer. L’administration de la santé, qui est centrale, en France, ne peut pas tout organiser. On voit les résultats. On est dans une course de vitesse et il faut accélérer la campagne de vaccination. C’est primordial : c’est le passeport pour un retour à la vie normale. »

Olga Givernet préfère éviter les polémiques : « L’organisation est là, on nous en a fait état. Maintenant il ne suffit pas de contempler l’organisation mais de la mettre en œuvre. Il y a eu une montée en pression politique de tous bords, transpartisane. Le process prend du temps, et il faut avancer, notamment pour récolter les consentements. Et là aussi, les choses ont pris du retard." reconnaît la députée de l'Ain. « Aujourd’hui il ne faut pas essayer de justifier les lenteurs de ces derniers jours. Maintenant, il faut y aller : Il faut administrer ce vaccin. »

Les élus doivent-ils montrer l'exemple ?

Cette question met d'accord ces deux députés : "Il faut être exemplaire. On souhaite que les membres du gouvernement et les élus d’une manière générale se fassent vacciner. A titre personnel, je ne suis pas le plus concerné. J’ai vécu une forme asymptomatique de la covid 19 donc je suis – à priori- immunisé. Mais bien sûr que je suis prêt à donner l’exemple pour donner confiance." précise Régis Juanico sur France Bleu. Olga Givernet partage cet avis : "Je suis favorable à faire vacciner les élus pour l’exemple. Et je souhaite être vacciné pour la même raison. Il y a également une vraie nécessité d’engager la médecine de ville à se faire vacciner pour montrer la confiance qu’elle a dans cette solution face à la covid19. Il y a un besoin de démontrer que ce vaccin, c’est la solution qui va nous permettre de sortir de cette crise sanitaire, et de sauver notre économie."

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