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L'abeille du Vercors parrainée dans toute la France grâce à un "Toit pour les Abeilles"

A Saint-Thomas-en-Royans, les abeilles se réveillent après un hiver très doux et commencent leur ronde, en quête de pollen. Chez Jérôme et Céline, deux apiculteurs, il est temps d'installer de nouvelles ruches. Un aménagement qui n'aurait pas été possible sans des parrains.

© Aurore Trespeux
En mars dernier, les députés votaient une loi interdisant l'utilisation des pesticides "tueurs d'abeilles". Un bon début, selon les apiculteurs, mais c'est loin de résoudre tous les problèmes. Chaque année, ils perdent au minimum 15% de leur cheptel. "C'est comme si un éleveur possédant 70 vaches en perdait une dizaine tous les ans", explique Céline Alphone, apicultrice dans le Vercors. Mais la jeune femme peut compter sur le soutien de particuliers.

78.000.000 abeilles parrainées depuis 2011

Catherine Travert faisait des recherches sur les abeilles en Rhône-Alpes lorsqu'elle est tombée, par hasard, sur le site internet d'Un toit pour les Abeilles. Ce fut le déclic. Il permet aux entreprises, aux particuliers, aux associations et même aux collectivités locales de parrainer des apiculteurs dans toute la France. Le principe est simple: une fois l'apiculteur choisi, son tuteur lui verse 8€ par mois, et reçoit en échange 6 pots de miel, deux fois par an.

Depuis 2011, grâce à Un toit pour les Abeilles, près de 2.000 nouvelles ruches ont été installées en France, ce qui correspond à près de 78.000.000 abeilles parrainées. Si un bon nombre d'entreprises jouent le jeu, ce sont tout de même les particuliers qui soutiennent en majorité les apiculteurs.

Catherine est conseillère Pôle emploi à Lyon et a toujours été sensible à la cause des abeilles. Elle n'a pas choisi le Vercors par hasard, puisqu'elle y est déjà allée à plusieurs reprises. Il était surtout important pour elle, de soutenir des apiculteurs de sa région: "Ce concept permet de pérenniser des exploitations qui ont une éthique locale et qui ne sont pas dans une politique marketing outrancière."

© Aurore Trespeux
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Il y a deux ans, près de 60% de nos abeilles sont mortes. Ces parrainages nous permettent de pouvoir maintenir notre nombre de ruches."

Ce soutien est nécessaire selon Céline: "Chaque année nous avons beaucoup de pertes. Il y a deux ans, près de 60% de nos abeilles sont mortes. Ces parrainages nous permettent de pouvoir maintenir notre nombre de ruches." Un cheptel peut être décimé pour plusieurs raisons. Un hiver froid va tuer un grand nombre d'abeilles, tout comme les pesticides, ou encore les parasites comme le varroa. Venu d'Asie, il attaque les ruches et dévore les larves.

Sans être impossible, poursuivre leur activité sans ces parrainages aurait été compliqué pour Céline et Jérôme. Le couple a pu créer 100 nouvelles ruches grâce à 80 parrains répartis dans toute la France. Des personnes qu'ils aiment rencontrer: "On essaie d'être les plus pédagogues possible concernant les abeilles, car pour nous ce sont plus que des petits insectes qui servent à produire du miel."

Et ce système de soutien est également un bon vecteur pour faire connaître les miels locaux dans tout l'hexagone. "Sans nos parrains, nous aurions du mal à valoriser notre miel. Ils nous permettent de constater que tous nos efforts ne sont pas vains", explique Jérôme.

Reportage Aurore Trespeux, Yves-Marie Glo et Lisa Bouchaud
durée de la vidéo: 02 min 41
Des apiculteurs du Vercors parrainés

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