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La voiture électrique en force au salon de l'automobile qui s'ouvre jeudi à Genève en Suisse

La Jaguar I-Pace qui vient d'être élue «voiture de l’année 2019», à la veille de l’ouverture du Salon de Genève. / © Alexandre MARCHI
La Jaguar I-Pace qui vient d'être élue «voiture de l’année 2019», à la veille de l’ouverture du Salon de Genève. / © Alexandre MARCHI

Le salon automobile de Genève s'ouvre à la presse ce mardi 5 mars 2019 avec quantité de nouveaux modèles électriques, mais les constructeurs regardent l'avenir avec pessimisme, s'estimant menacés par les contraintes écologiques en Europe et les guerres commerciales à l'échelle mondiale.

Par AFP

Le salon automobile de Genève s'ouvre à la presse aujourd'hui avec quantité de nouveaux modèles électriques, mais les constructeurs regardent l'avenir avec pessimisme, s'estimant menacés par les contraintes écologiques en Europe et les guerres commerciales à l'échelle mondiale.
La filière s'engage à marche forcée dans l'électrification des voitures, contrainte de réduire rapidement ses émissions de CO2 pour respecter des limites imposées par l'Union européenne à partir de 2020, et encore durcies à l'horizon 2030.
"Personne n'a aujourd'hui la solution" pour atteindre ces objectifs tout en gardant des prix acceptables pour les clients, a affirmé lundi soir Didier Leroy, numéro deux de Toyota. Les voitures électriques sont pour l'instant bien plus chères que les équivalents à moteur essence ou diesel, à cause du coût des batteries.
 

La Jaguar I-Pace élue voiture de l'année

 
Le trophée de la voiture européenne de l'année, décerné lundi au SUV (4x4 de loisir) Jaguar I-Pace, modèle électrique à plus de 80.000 euros, n'incarne pas vraiment la mobilité pour tous...
"Si les constructeurs ne vendent pas assez de véhicules électriques, ils seront ruinés par des amendes", a prévenu le patron du groupe PSA, Carlos Tavares, dans une interview au Figaro.
 
Une étude récente du cabinet de conseil BCG prévoit jusqu'à un milliard d'euros d'amende par constructeur qui ne respecterait pas dès l'an prochain un plafond moyen de 95 grammes de CO2 par kilomètre et par véhicule sur leur gamme.
Après des années de croissance et de profits record, la conjoncture s'est en outre brutalement retournée depuis l'été 2018 sous l'effet d'une baisse inattendue du marché chinois, de loin le premier mondial avec près d'une immatriculation sur trois.
Et à trois semaines de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, programmée en principe pour le 29 mars, les constructeurs redoutent un éventuel divorce sans accord négocié, synonyme de cataclysme pour leur industrie.
Le patron du géant Volkswagen, Herbert Driess, a dit redouter ce scénario mais a aussi déploré le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine, qui a durement touché les constructeurs allemands, et les menaces de barrières douanières brandies par Washington contre les importations européennes.
 

 Bolides de luxe 


"Si tout va dans le mauvais sens, ce sera très dur à encaisser, même pour nous", a-t-il déclaré lundi soir à des journalistes. "Les profits des constructeurs et équipementiers seront minces en 2019. On peut déjà s'attendre à des avertissements sur résultats, des réductions de production et des coupes dans les effectifs", estime Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Center Automotive Research (CAR) basé en Allemagne. Après un recul de 1% l'an dernier, il prévoit à nouveau une baisse de 2% du marché automobile mondial cette année, à 81,9 millions de voitures particulières.
Le patron de Volkswagen, constructeur au coeur du "dieselgate", le scandale des moteurs diesel truqués révélé en 2015, a cependant affiché son volontarisme pour
verdir l'automobile. "Nous pensons que le secteur des transports peut apporter une énorme contribution" à la lutte contre le réchauffement climatique, a-t-il dit, en présentant lundi soir un concept de buggy électrique.

Les modèles exposés à Genève reflètent cette préoccupation. Citroën et Honda montrent ainsi leur vision des futures citadines propulsées par des batteries.
Du côté des marques de prestige, Aston Martin, Audi et Mercedes dévoilent de nouveaux concepts de SUV électriques, espérant bientôt rivaliser avec le constructeur californien Tesla, dont la berline Model 3 débarque en Europe.
Les dernières générations des deux citadines françaises Renault Clio, deuxième meilleure vente en Europe, et Peugeot 208, avec une déclinaison électrique inédite, font aussi leur première apparition.
Genève est également le terrain de prédilection des bolides de luxe. Bentley y dévoilera sa Bentayga Speed, qui revendique le titre de SUV de série le plus rapide du monde (306 km/h). Les nouveaux cabriolets Huracan Evo Spyder de Lamborghini et Porsche 911 devraient attirer les regards, tout comme la Ferrari F8 Tributo et son moteur à 720 chevaux.

Après les journées réservées à la presse, le salon ouvrira ses portes jeudi au public. Plus de 660.000 visiteurs sont attendus pour contempler les plus de 900 voitures exposées du 7 au 17 mars.
 

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