Vote du budget de la Région : l'opposition préfère quitter l'hémicycle

Publié le Mis à jour le
Écrit par Claude Fallas .

Il aura fallu moins de 15 minutes pour que les groupes socialistes, communistes radicaux et Front National décident de quitter l'hémicycle dans lequel devaient s'ouvrir les débats et le vote du budget primitif 2016 de la région. 

"Un caractère autocratique", "un fait du prince permanent", "une mascarade", "une opacité totale sur le budget"... En moins de 2 minutes chrono, puisque c'était le temps exact qui lui avait été accordé par le président Wauquiez pour s'exprimer, Jean-François Debat, au nom des groupes socialistes, communistes radicaux et Europe Ecologie les Verts a lancé une charge ininterrompue contre le président, sa manière d'exercer le pouvoir et l'incapacité des groupes d'opposition à pouvoir voter un budget dont ils ne savent pratiquement rien.



Car au-delà des divergences personnelles, des inquiétudes, des reproches concernant le fait "qu'élus, de majorité comme d'opposition, apprennent par la presse de nouveaux dispositifs dont il n' a jamais été question" depuis 100 jours, la question du budget 2016 reste le coeur de la motivation de ce geste. Un budget de près de 3 milliards d'euros qui a été résumé sur une seule page format A4, que Jean-François Debat s'est plu à montrer à l'écran pour appuyer ses dires. Et sur cette feuille, un tableau qui, s'il résume le budget, est loin de l'expliciter selon l'opposition.



Pour l'oposition, c'est là que le bât blesse. "Comment voter un budget que vous nous demandez de découvrir dans l'action et de juger lors de son bilan, en 2017 ?", s'interroge Fean-François Debat. Avant de préciser : "Vous avez fait ce budget seul, et bien vous en débattrez seul !".  Les groupes pour lesquels il avait pris la parole se sont alors levés pour quitter l'hémicycle, à l'exception du Rassemblement ecologiste et citoyen qui expliquera son choix de rester quelques minutes plus tard. 



"Par ce geste fort, symbolique et exceptionnel, on a voulu alerter nos concitoyens sur le fait que ce n'est pas acceptable mais dès demain on défendra pied à pied les politiques régionales", a indiqué M. Debat.



Puis, le micro passe à M. Boudot, du Front National. Lui aussi se plaint "de la brutalité exercée sur son groupe", au sein de la collectivité, du report incessant de réunions, "de la production d'amendements impossible face à l'opacité du budget" et enfin de la "réduction des temps de parole de l'opposition au sein de l'assemblée". "En 100 jours, vous avez installé un grand n'importe quoi, vous avez organisé le dysfonctionnement général." Avant de quitter lui aussi l'hémicycle avec son groupe.



Enfin, Monique Cosson, du Rassemblement citoyens, écologistes et solidaires, prend la parole pour expliquer la décision qui motive son groupe à rester dans l'hémicycle et  à assister au débat. Pour elle, "ce budget fait beaucoup de mal", "comme eux (NdlR : les groupes d'opposition qui ont choisi de boycotter le budget) , on est scandalisé des conditions de travail du budget" mais "nous restons pour défendre nos amendements et faire vivre cette démocratie". Pourtant, la question préalable posée par son groupe concernant les nombreuses questions posées lors de la préparation du budget et laissées sans réponse par la majorité ("des questions simples concernant les associations auxquelles seront retirées des subventions avec la diminution du budget alloué à la culture, la destination exacte de l'argent destiné aux lycées") ne trouvera pas plus d'oreille attentive lors de cette session.



Elu en décembre à la tête de la nouvelle région, M.Wauquiez, dont le vote du budget était le baptême du feu dans ses nouveaux habits de président de l'exécutif régional, a critiqué vertement l'attitude de l'opposition. "Vous offrez l'image la plus pitoyable de ce que peut-être la politique française(...) Vous percevez un indemnité de la part de la collectivité pour travailler mais vous préférez fuir le débat au fond (...) Ces groupes-là ont fait le choix de la mascarade politicienne au lieu de se prononcer sur des questions de fond. Quelle image pitoyable!", a-t-il lancé à ses opposants.



Avant de se relancer dans les débats sur le budget, et de se féliciter à nouveau des économies bientôt réalisées, des investissements rapidement possibles et du travail effectué en 100 jours.



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