L'agriculture bourguignonne a souffert de l'hiver et redoute le printemps

Publié le Mis à jour le
Écrit par C.R.

L'hiver qui dure et le printemps qui tarde, la situation climatique est anormale et aura des conséquences sur l'agriculture. Si les céréaliers sont dans l'incertitude, les maraîchers eux, ont déjà beaucoup perdu. Les consommateurs devraient s'en rendre compte sur les marchés...

Les étals manqueront de légumes en avril, car la production sera faible, la faute à un hiver humide et trop longtemps froid !

Explications de Jean-Daniel Ferrier, conseiller maraîchers à la Chambre d'agriculture de Saône-et-Loire

La situation actuelle est-elle anormale ?

"Oui, les températures n'ont pas été extrêmement froides, mais elles se sont prolongées et surtout, cet hiver a été très humide. Excès d'eau et manque de soleil, résultat : certains légumes n'ont pas été semés en janvier et de toute façon, ils ont du mal à pousser car il n'y a pas assez de soleil."

Quelles seront les conséquences de cet hiver humide et froid ?

"On est déjà en situation de rupture de stocks : les légumes d'hiver sont épuisés et les légumes de printemps pas encore disponibles. D'habitude, il reste des produits stockés en frigo (salsifis, céleri rave...) et des produits aux champs (poireaux, choux, carotte, navets...), jusqu'au 15 avril. Là, il n'y en a plus.

Normalement, on commence aussi à couper les radis et salades sous tunnel fin février. Cette année, on n'a commencé que mi-mars. Et en plein champ, il faudra attendre début mai. Il y a un décalage de deux grosses semaines." 

 

Faut-il craindre une hausse des prix ?

"Avril est normalement le mois des radis, salades, carottes fanes, oignons... Là, il n'y aura rien, ou très peu et l'Ouest de la France ne pourra pas fournir toutes les régions en manque.

80 % des légumes sont vendus par la grande distribution, qui va sans doute réguler les prix. Il y a quand même un risque de hausse, mais tout ce qui sera cher viendra d'ailleurs... et ne profitera pas aux maraîchers français !

Après une tension en avril, l'autre risque, c'est une offre supérieure à la demande en mai : s'il fait brutalement chaud, les cultures en retard seront à maturité en même temps que celles plantées plus tard.
Dans tous les cas, les maraîchers pensent avoir déjà perdu un mois de production en volume et sans doute 10 %  de leur chiffre d'affaires.

Reportage : B.Djaouti, C.Gaillard, L.Crotet-Beudet
   Avec : Myriam Auger, maraichère et Xavier Chavey, producteur de fruits et légumes


Pour les céréales, il faudra patienter...

Précisions de Christophe Vivier, responsable grandes cultures à la Chambre d'agriculture de Bourgogne

La situation actuelle est-elle anormale ?

"Oui, le manque d'ensoleillement et surtout la persistance des gelées en mars, ont perturbé le travail des céréaliers. Les semis de printemps ont été retardés par la pluie et les traitements décalés à cause du vent et du froid."

Quelles seront les conséquences de cet hiver humide et froid ?

"L'eau a stagné en surface et sur certaines parcelles, des cultures sont mortes. D'une manière générale, les céréale ont deux semaines de retard. Il est trop tôt pour savoir si les rendements seront en baisse, mais on peut penser que oui. Ce qu'il faut craindre maintenant, c'est un "coup de chaud" au printemps : sur des cultures d'hiver encore en croissance, il serait dévastateur !"

Faut-il craindre une hausse des prix ?

"tout dépendra des conditions climatiques des semaines à venir. Pour les céréales, il est trop tôt pour se prononcer."