Dijon : des chercheurs à la pointe du combat pour vaincre la paralysie

Prothèse bionique, greffes de cellules, gestes animés par la pensée grâce aux interfaces cerveau-machine… La recherche foisonne pour combattre la paralysie. Les résultats des travaux menés par les chercheurs à Dijon sont prometteurs.

Peut-on guérir la paralysie ?

Pas à pas, la science progresse dans la compréhension de ce handicap complexe.  Les chercheurs affinent leurs connaissances des réseaux neuronaux qui régissent les mouvements de la vie quotidienne. Il faudra probablement combiner diverses approches pour réduire, réparer ou compenser les dégâts : traitements d'urgence juste après l'apparition de la lésion, exercices, chirurgie, thérapies cellulaires, substances multiples, robotique avec, entre autres, la spectaculaire interface cerveau-machine.

Quels sont les raisons d’espérer ?

"Un seul produit ne suffira pas, il faut des produits pour empêcher les neurones de mourir et des produits qui bloquent les inhibiteurs de la repousse, plus de l'entraînement", estime Geneviève Rougon, qui travaille sur la régénération de moelle au CNRS (Centre national de recherche scientifique). Les chercheurs ont découvert qu'il y avait de la plasticité (capacités d'adaptation) dans le système nerveux de l'adulte, et que l'on pouvait encourager des neurones à nouer des connexions que normalement ils n'assuraient pas, relève-t-elle.
L'approche multiple est d'ailleurs une des options étudiées à l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL). Des chercheurs ont associé cocktail médicamenteux (des neurotransmetteurs comme messagers chimiques), stimulation électrique et harnais-robot pour faire courir à nouveau des rongeurs. Des résultats étonnants, qui restent à confirmer chez l'humain.

Pourquoi les recherches menées à Dijon sont-elles prometteuses ?

A Dijon, au Centre d'expertise de la Performance (CEP) Gilles Cometti , une chercheuse associée à l'Inserm, applique une technique d'entraînement de Harvard pour paraplégiques. L’objectif est d’"améliorer les capacités cardio-respiratoires en faisant travailler le corps entier et notamment le bas du corps dont le paraplégique ne se sert pas", explique Gaëlle Deley.
Après quelques mois d'exercice sur un rameur couplé à une stimulation musculaire (via des électrodes posées sur la peau) des cuisses que la paralysie a fait fondre, les patients augmentent de près de 40% leurs capacités physiques.
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