Génocide au Rwanda : le maire de Cry (Yonne), ancien militaire, témoigne

Alors que le président rwandais s'en prend à l'armée française, et au rôle qu'elle a joué en 1994, en pleines commémorations du 20ème anniversaire du génocide, un Bourguignon témoigne. Maire de Cry, dans l'Yonne, ancien militaire à la retraite, José de Pinho sort un livre sur le Rwanda, sa vérité.

Par Christophe Tarrisse

Le 6 avril 2014, les Rwandais ont commémoré le 20ème anniversaire du déclenchement du génocide de 1994. Pendant ces cérémonies, le président rwandais Paul Kagame a chargé sans la nommer la France en revenant sur son rôle toujours controversé au moment des faits. "Aucun pays n’est assez puissant, même s’il pense l’être, pour changer les faits", a-t-il déclaré en anglais avant d'ajouter cette fois en français, "après tout, les faits sont têtus".  Des paroles qui ont provoqué le boycott des cérémonies par les officiels français.


Devant sa télévision, un Bourguignon s'est retrouvé "horrifié" par ses propos. José De Pinho a 58 ans, il est maire de Cry, une petite commune de l'Yonne, mais c'est surtout un ancien militaire français. Il a été assistant militaire technique, entre le 20 février 1993 et le 12 avril 1994 au Rwanda. Une expérience marquante qu'il raconte dans un livre qui vient de paraître : « COMPRENDRE LE GENOCIDE RWANDAIS ».

Dix-neuf ans après les massacres, l'émotion est toujours perceptible. Il livre sa version de l'Histoire, sa vérité et l'évidente responsabilité, vécue sur place, de la communauté internationale, du Conseil de sécurité de l'ONU et du président rwandais Paul Kagamé. 

Le 7 avril 1994 marquera le début du génocide rwandais qui fera 800 000 victimes, en grande majorité tutsie. Le Rwanda bascule alors dans une guerre civile et les massacres vont durer trois mois. Six des compagnons de José de Pinho perdront la vie dans les événements. La France et son armée sont accusées d'avoir pris partie dans le conflit. Une version que dément toujours l'ancien militaire. Il est catégorique, lui et ses collègues alors sur place n'ont rien à se reprocher.

José de Pinho et sa famille ont quitté le Rwanda quelques jours après le début du génocide.

Voir le reportage de Baziz Djaouti et Claude Heudes avec José de Pinho :
Témopignage d'un Bourguignon sur le Rwanda






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