“Jeune”, un film tourné avec des Dijonnais, a pour but de lutter contre le décrochage scolaire

Le film "Jeune" donne la parole à vingt jeunes hommes et femmes, originaires de Dijon et de Toulouse, tous déscolarisés.
Le film "Jeune" donne la parole à vingt jeunes hommes et femmes, originaires de Dijon et de Toulouse, tous déscolarisés.

Jeune est un film de Christian Zerbib. Le réalisateur a donné la parole à 20 jeunes hommes et femmes, originaires de Dijon et de Toulouse, tous déscolarisés. La musique est signée du groupe Zebda. Le film sera projeté lundi 26 mai 2014, à 19h30, au cinéma Axel, à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire.

Par B.L.

 

Le réalisateur Christian Zerbib connait bien la Bourgogne, où il a déjà tourné un documentaire intitulé "Nos ancêtres les Gauloises". Il raconte l'aventure de dix femmes de la région de Dijon, originaires de plusieurs pays, qui montent sur scène pour se raconter dans une pièce de théâtre et dans un film.

Pourquoi la déscolarisation est-elle une "bombe à retardement" ?

La déscolarisation est "un phénomène universel, pas seulement français, et c’est une bombe à retardement : rien que chez nous, près de deux millions d’hommes et de femmes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation", explique Christian Zerbib. "Nos sociétés laissent à la dérive des pans entiers de la jeunesse. Qui s’en alarme ? J’ai voulu rendre audible et visible cette jeunesse en déshérence, résignée, et vulnérable. Montrer de l’intérieur la réalité de cette gigantesque machine à broyer de l’avenir."

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Comment le film a-t-il été tourné ?

Christian Zerbib et son équipe ont choisi des jeunes Dijonnais et Toulousains à qui ils ont dit : "pour que personne ne parle à votre place, nous allons vous confier la réalisation de vos propres autoportraits. C’est vous qui allez nous parler de vous, de vos joies comme de vos peurs, dites tout ce que vous avez envie de dire, comme vous le voulez. Mais pour cela, nous allons d’abord vous former à la prise de vue et au montage. Et ils ont dit oui."

Ils ont commencé par visiter le musée des Beaux-Arts de Dijon, puis celui des Augustins à Toulouse. "Retrouver ce rapport à l’art, à l’esthétique, c’était un peu renouer avec sa propre valeur ou sa propre dignité", dit Christian Zerbib. Puis, ils sont partis se "mettre au vert", à Sorèze, au pied de la Montagne Noire.



Quel est le résultat ?

Le résultat est saisissant, estiment ceux qui ont pu visionner le film qui dure 1h 34. "C’est justement cet abîme entre le potentiel, la richesse intérieure, et la réalité d’une mise à l’écart impitoyable que j’ai aussi voulu montrer", précise Christian Zerbib. "Presque sans le savoir, nos jeunes déscolarisés posent en réalité des questionnements de société universels. Comment imaginer faire société lorsqu’une telle relégation des forces vives de votre pays est à l’oeuvre ?", conclut Christian Zerbib. 

L’avant-première du film Jeune a eu lieu lundi 5 mai à 20h30 au cinéma Desvosges, à Dijon. La projection a été suivie d’un débat en présence de l’équipe du film et de ses protagonistes. Une nouvelle projection est organisée lundi 26 mai 2014 à 19h30, au cinéma Axel à Chalon-sur-Saône, en présence du réalisateur Christian Zerbib. Le film sera suivi d’un temps d’échanges sur la lutte contre le décrochage scolaire entre les jeunes, l’équipe du film et les spectateurs. Cette séance est organisée conjointement par le Rectorat et la direction académique des services de l’Éducation nationale. Elles a pour but de faire mieux connaître le vécu des jeunes en décrochage scolaire et l'organisation des réseaux de lutte contre ce phénomène. L’objectif est de permettre à chaque jeune de construire son avenir social et professionnel. La lutte contre le décrochage scolaire est une priorité nationale et européenne.

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