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François Rebsamen est poursuivi pour injures par le journal Minute

François Rebsamen, alors sénateur-maire PS de Dijon, avait déclaré que l'hebdomadaire Minute prônait la  xénophobie. L’affaire est passée devant le tribunal correctionnel de Paris vendredi 6 juin 2014. Son avocat a plaidé la liberté d'opinion, au nom du débat démocratique.

Quels sont les faits reprochés à François Rebsamen ?

L'affaire remonte au 13 juin 2012 lors d'un passage sur la radio France Info. François Rebsamen, alors sénateur socialiste, avait été interrogé sur les récents entretiens accordés par plusieurs personnalités de l'UMP à l'hebdomadaire d'extrême droite Minute.
"Voilà un journal qui a prôné et prône encore la xénophobie, sûrement, à la limite, le racisme et l'antisémitisme", avait-il répondu alors qu’on le questionnait sur l'opportunité d'accorder lui-même un entretien à cette publication.

"On cite de manière brute un journal sans préciser en quoi ce journal serait infréquentable", a plaidé Me Frédéric Pichon, conseil de l'hebdomadaire, qui réclame 5.000 euros de dommages et intérêts.
"Minute a été le bouc-émissaire d'une démonstration" de François Rebsamen, qui voulait dénoncer les ouvertures de l'UMP vers les électeurs d'extrême droite, estime l’avocat du journal.

Que plaide François Rebsamen ?

François Rebsamen, devenu entre temps ministre du Travail, n'était pas présent à l'audience. "François Rebsamen émet une opinion. (...) Il ne s'agit que d'une opinion", a répondu Me Emmanuel Tordjman, conseil de l'élu bourguignon. "Ce que Minute vous demande aujourd'hui, c'est de tuer le débat démocratique", a-t-il soutenu.

Me Emmanuel Tordjman a aussi produit une série de Une et d'articles de l'hebdomadaire, qui a, selon lui, toujours été "marqué par une extrême droite très dure, très virulente". "Au départ (en 1962, année de l'indépendance de l'Algérie), c'était plus les Algériens qui étaient visés. Puis on a vu arriver les Noirs, puis les Juifs, puis les homosexuels", a expliqué Me Tordjman, pour qui la ligne éditoriale de Minute est bien xénophobe. 

Le parquet a également estimé qu'il s'agissait d'une opinion, qui ne pouvait donc être poursuivie. La décision a été mise en délibéré au 11 juillet 2014.
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