Bourgogne : il faut compter plus de 40 jours en moyenne pour passer un examen d'IRM

Publié le Mis à jour le
Écrit par B.L.

Les délais d'attente pour passer un examen d'IRM (imagerie par résonance magnétique) se sont encore allongés en France. Ceci est dû au manque d’appareils. La Bourgogne fait partie des régions où les taux d'équipement sont particulièrement faibles.


Pourquoi l’IRM est-elle indispensable ?

L’Imagerie par Résonance Magnétique permet de visualiser avec une grande précision les organes et tissus mous. On peut ainsi déterminer la position exacte de lésions qui resteraient invisibles autrement. 

Les IRM occupent aujourd’hui une place essentielle dans le diagnostic de nombreuses pathologies (cancers, accidents vasculaires cérébraux), ainsi que dans le guidage thérapeutique ou le contrôle de l’efficacité des traitements.

Que faudrait-il faire pour rattraper le retard ?

Alors qu'il fallait attendre 29 jours en 2012 pour obtenir une IRM "en urgence" et 30,5 jours en 2013, le temps d'attente moyen en France s'établit désormais à 37,7 jours. Pour la Bourgogne, le délai moyen d’attente est estimé à 41 jours.

C’est "la pire année depuis 11 ans", révèle la dernière enquête de l'association Imagerie Santé Avenir (ISA), publiée lundi 7 juillet 2014.
"Nous sommes largement en dessous de la moyenne européenne avec seulement 10,7 appareils par million d'habitants contre 20 en moyenne en Europe, et une trentaine en Allemagne ou au Danemark", déplore l'association, qui représente l'industrie de l'imagerie.

"En 2013, la métropole a reçu 38 équipements supplémentaires. Trop peu, pour rattraper "le retard majeur de la France", dit le Pr Frank Boudghène, spécialiste de radiologie et président de la Fédération de l'imagerie du cancer. Seul le doublement du nombre d'appareils permettrait de se rapprocher du taux d'équipements de la plupart des pays d'Europe de l'Ouest qui, eux, continuent à faire progresser leur parc d'IRM, estime-t-il.

Combien d’appareils d’IRM compte la Bourgogne ?

En Bourgogne (comme en Basse-Normandie, Pays de la Loire et Corse), le taux d'équipement régional est très faible (inférieur à 7,5 IRM par million d'habitants).

La Bourgogne comptait onze appareils installés début 2013, soit 6,7 appareils par million d’habitants. La direction de l'ARS (Agence régionale de santé) a donc autorisé de nouvelles installations d'équipements IRM, inscrites dans le Schéma Régional d'Organisation des Soins 2012-2016. Un nouvel équipement a déjà été installé, par exemple, à Polyclinique Sainte-Marguerite, à Auxerre, depuis février 2014. D’autres IRM sont prévus en Côte d’Or notamment.

A terme, la Bourgogne comptera 23 appareils d’IRM, ce qui placera la région au-dessus de la moyenne nationale, selon l’ARS.

Et en attendant ?

En attendant, pour remplacer l'IRM, des examens moins performants sont prescrits, par le biais de scanners par exemple. Cette dérive a été dénoncée par l'Académie de médecine en 2013. Les rayonnements délivrés aux patients sont en effet préoccupants. En passant un scanner, chaque patient reçoit l'équivalent des radiations tolérées pour un travailleur du nucléaire en l'espace d'un an. Depuis des années, l'ASN préconise donc de recourir en priorité à l'IRM (imagerie à résonance magnétique) qui n'est pas irradiante.