Médecins généralistes et urgentistes en grève pour les fêtes de fin d’année !

Les médecins sont inquiets pour leur avenir. Ils expriment leur colère dès le lundi 22 décembre. Attention, pas d’inquiétude pour les patients : les soins seront assurés.

© © SIMON DAVAL / MAXPPP
Le docteur Gérard Deschamps, médecin généraliste depuis 40 ans à Baume-les-Dames, est vice-président de l’Ordre des Médecins pour le Doubs.
L’Ordre des Médecins n’a pas vocation à appeler à la grève ou à soutenir le mouvement lancé par plusieurs syndicats. Mais il explique le malaise ressenti par les médecins généralistes. Pas spécialement lié directement à la loi de Marisol Touraine, la Ministre de la santé.
Il s’inquiète de la pénurie de médecins dans secteurs ruraux « qui sont déjà des déserts économiques et sociaux. D’autres secteurs vont devenir aussi des déserts médicaux : les quartiers difficiles de certaines villes de la région où on ne trouvaille pas en toute sérénité… » Selon lui, tous les professionnels de santé sont dans le désarroi : « Ils ne savent pas ce qui va advenir de leurs métiers, de l’exercice de leurs métiers, dans les 10 ou 15 années à venir. » Il souhaite vivement que les pouvoirs publics, les médecins et les professionnels de santé réfléchissent ensemble à la médecine de demain.
Plusieurs mouvements de grève sont annoncés.
Le mardi 23 décembre et jusqu’au mercredi 31 grève des généralistes. Les urgentistes seront en grève dès le lundi 22 décembre. Une grève du zèle : les grévistes porteront un brassard et assureront les soins.
C’est sur ce point que Gérard Deschamps insiste : « Moralement et déontologiquement, nous assurons la continuité des soins. Notre devoir est de soigner quelles que soient les circonstances. Donc, aucun malade ne restera sans soin, chez lui ou aux urgences de l’hôpital… »
D’ailleurs, c’est le rôle du Conseil de l’Ordre des Médecins d’organiser justement cette continuité des soins. Gérard Deschamps explique : « Nous avons consulté chaque médecin concerné par les permanences de nuit ou de garde. Si certains sont grévistes ou absents, nous devons les remplacer. Ce sera fait. Que les éventuels malades ne se fassent pas de souci ! »

En cas de souci majeur, il reste une ultime solution : le préfet peut réquisitionner des médecins pour assurer les soins.

En avoir plus :
Les urgentistes sont appelés à une grève illimitée par l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf), qui table sur une mobilisation massive avec "80% de grévistes".
Dénonçant des conditions de travail pénibles, les urgentistes réclament la réduction de leur temps de travail à 48 heures hebdomadaires, contre une soixantaine actuellement, ainsi que la valorisation de leurs heures supplémentaires et l'harmonisation des rémunérations pour les gardes. 
Des revendications qui n'"ont rien à voir" avec la loi santé, et que "soutiennent" des intersyndicales hospitalières. Le syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs (SNPHAR-E), appelle également à une grève de la permanencedes soins à compter de lundi. 

Déjà fortement sollicités pendant les fêtes, les services d'urgences risquent de l'être encore plus en raison de la grève des médecins libéraux qui débutera mardi, alors que se profilent des épidémies de grippe et de gastroentérite.
Pour parer à l'éventuel afflux de patients, certains hôpitaux ont demandé à leurs médecins de renoncer à leurs congés, concède Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France. De quoi raviver la colère des urgentistes, "déjà souvent sur la corde raide", selon lui. 
Dès le 23 décembre, les généralistes libéraux sont invités à fermer leurs cabinets et à faire la grève des gardes par leurs principaux syndicats MG France, la Fédération des médecins de France et le syndicat des médecins libéraux. La puissante confédération des syndicats médicaux français (CSMF, généralistes
et spécialistes) appelle elle à démarrer le 24, jusqu'au 31.
Dans le collimateur des médecins, certains points du projet de loi santé, comme la possibilité pour les pharmaciens de vacciner les patients ou la généralisation du tiers payant d'ici 2017 (dispense d'avance de frais), dont les contraintes techniques font craindre des retards de paiement. 
La ministre s'est pourtant montrée ouverte au dialogue. Après avoir relancé les concertations avec les professionnels en décembre, Marisol Touraine a annoncé le report de l'examen du texte par le Parlement au printemps, envisagé la réécriture de certains points et promis des garanties sur le tiers payant. 

Mais "la loi santé n'est qu'un chapitre du mécontentement des généralistes", selon Claude Leicher, président de MG France, mécontent de s'être vu opposer "une fin de non-recevoir" sur la revalorisation de la consultation à 25 euros, l'une des principales revendications des généralistes.
Outre la CSMF, d'autres syndicats de spécialistes ont appelé à garder porte close pour la même période, dont les cardiologues, les radiologues ou encore les pédiatres.
Mais le mécontentement ne faiblira pas avec la nouvelle année : les cliniques commencent une grève illimitée à partir du 5 janvier.
(Avec AFP)
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