Pourquoi les enseignants sont-ils appelés à faire grève mardi 3 février ?

28% des élèves bourguignons vont inaugurer les nouveaux rythmes scolaires à la rentrée de septembre 2013.
28% des élèves bourguignons vont inaugurer les nouveaux rythmes scolaires à la rentrée de septembre 2013.

La FSU, première fédération de l'éducation, appelle les enseignants et les autres professions du secteur à faire grève, de la maternelle jusqu'aux écoles, mardi 3 février 2015.

Par AFP


Pourquoi la FSU est-elle seule à appeler à la grève ?

Les conditions de travail, la formation et la revalorisation des salaires sont les principales revendications de la FSU (Fédération Syndicale Unitaire).

"Cette grève intervient après des mobilisations en décembre contre des sorties de collèges de l'éducation prioritaire", indique Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU.
C’est aussi en ce moment que les rectorats dévoilent les moyens attribués aux établissements pour la rentrée 2015 : classes pour le primaire, nombre d'heures de cours pour le secondaire.

Enfin, cet appel à la grève est lancé deux mois après des élections professionnelles marquées par un recul de la FSU, toujours première dans l'éducation, mais avec 35,5% des voix, contre 40,6% en 2011.

La FSU a appelé les autres syndicats à se joindre à son mouvement, mais sans succès au niveau national. En revanche, quelques participations sont prévues au niveau départemental. C'est le cas, par exemple, à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire, où un rassemblement est prévu à 15h, place de Beaune. 

Le Rectorat annonce  8,26% d'intention de grève dans l'académie de Dijon pour le primaire, où le service minimum d'accueil sera assuré dans 209 établissements. Les enseignants sont, en effet, tenus de se déclarer au moins 48 heures à l'avance s'ils envisagent de faire grève, dans le cadre du service minimum d'accueil (SMA) dans les écoles primaires.


Quelles sont les revendications de la FSU ?


"On a le sentiment qu'aujourd'hui, on n'avance pas assez vite sur les décisions à prendre pour le système éducatif, que le souffle avec la refondation de l'école est en train de tomber. On ne sait pas sur un certain nombre de mesures où on va", explique Bernadette Groison.

Sur le terrain, "beaucoup de personnels ne voient pas au  quotidien les mesures concrètes". Si les 60 000 postes promis sur le quinquennat "ont été en partie créés, ils sont absorbés en grande partie par la formation" initiale des enseignants et par "la hausse démographique" des élèves, pointe-t-elle.

La FSU regrette aussi qu'il y ait "encore beaucoup de classes avec des effectifs très chargés" et qu'on "peine à mettre en place un plan de formation continue".

La Fédération Syndicale Unitaire critique par ailleurs une  grande disparité dans les enseignements dispensés dans les Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (Espé) qui ont ouvert à la rentrée 2013, à raison d'une par académie.


La grève de mardi est-elle une "une journée test ?

La FSU demande aussi "que le ministère de l'Education nationale pèse sur le gouvernement pour qu'enfin on débloque la question salariale". Les enseignants français sont soumis au gel du point d'indice depuis plusieurs années, comme tous les fonctionnaires. Leurs salaires sont considérés bas par rapport à d'autres pays, pour un métier qui recrute à Bac+5, 

La grève de mardi constitue "une journée test assez classique", qui permet de voir s'il y a une possibilité de mobilisation plus large, estime Laurent Frajerman, chercheur à l'institut de recherches de la FSU et au Centre d'histoire sociale de Paris I. Dans ce type de configuration, une grève lancée par la FSU seule serait réussie avec une participation de 25 à 30%, estime l'auteur de "La grève enseignante".

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