Histoires 14-18 : "La Bourguignotte", le journal de tranchée du 227e R.I. de Dijon

Publié le Mis à jour le
Écrit par Caroline Jouret .

La Bourguignotte est née dans les tranchées en 1915. Ce journal écrit par des Poilus, pour les Poilus, donnait une vision de la guerre assez éloignée de ce que l'on pouvait lire dans les journaux officiels. Acerbe et humoristique. Mais c'était d'abord et surtout le journal du 227e R.I. de Dijon. 

" La Bourguignotte -  Journal intermittent - Organe Humoristique & Intranchisant [sic] des Poilus de la Woëvre joyeuse en général et du 227e en particulier ".

Le titre donne le ton ! Tout en jeux de mots et en dérision. On ne va pas s'ennuyer à la lecture de ces quelques feuilles à la personnalité bien affirmée. 

Le journal est paru pour la première fois le 1er août 1915, son premier numéro s'appelait " La femme à barbe".

Dès le 2e numéro, publié en octobre 1915, le journal est rebaptisé " La Bourguignotte".



Pour toute explication on peut lire à la Une :

" Salut Poilus !

Ainsi que vous voyez La Femme à Barbe abdique son nom qui servait de titre à notre - que dis-je - à votre Revue, car elle est vôtre, cette feuille dont votre bienveillant accueil assure le succès. Et elle abdique en faveur d'un titre, définitif cette fois et qui sera "La Bourguignotte". Ainsi s'appelait autrefois au temps où guerroyaient les Ducs de Bourgogne, le casque qui coiffait leurs gens d'armes, vos ancêtres et qui inspira le modèle du nouveau casque d'infanterie dont vous allez être dotés. Et ne trouvez-vous pas, poilus du XXe siècle que le rapprochement n'est pas banal?

Aussi, voyez vous, la "Femme à Barbe" n'est point jalouse; et puis elle sera toujours la muse inspirant les rédacteurs de ce journal qui vous parlera de votre existence de soldat en y mêlant ce grain de bon humeur qui fait trouver moins longues les heures de souffrance, de dévouement, de sacrifice. Et ils seront heureux les rédacteurs, s'ils savent que dans vos yeux, ces yeux virils et fiers où flambent une flamme qui fait l'étonnement du monde, ils ont réussi à allumer une lueur plus douce qui délasse et repose : un sourire."


Les fondateurs de la Bourguignotte sont au nombre de trois:

le sergent Albert Muhlemann, le caporal-fourier André Schwab, et le sapeur Eugène Piron

  • Albert Mulheman est né à Buxy, en Saône-et-Loire, en 1886. Il a fait ses études au lycée de Grenoble puis au Beaux-Arts de Dijon et de Paris. Il entame une carrière de professeur de dessin à l'école technique Jean-Baptiste Say à Paris. Sergent au 227e R.I. il est topographe du Régiment.
  • Eugène Piron, né à Dijon en 1875, est un éminent sculpteur qui a déjà à son actif avant la guerre une belle carrière, ayant été lauréat du grand prix de Rome de sculpture en 1903. 
  • André Schwab, né en 1883, a étudié aux Beaux-arts de Dijon et de Paris,  c'est un artiste graveur et médailleur.


La Bourguignotte créée le 1er août 1915 va continuer à paraître longtemps après la fin de la Première Guerre mondiale, jusqu'en 1966, avec une interruption pendant la Seconde Guerre mondiale de 1940 à 1945. Le journal est un organe de liaison entre les anciens combattants du 227e R.I. Il accueille les anciens du 27e R.I.dès 1920.



Que lit-on dans La Bourguignotte?

Des récits sur des faits de guerre, des anecdotes sur la vie des Poilus, des poésies, des blagues, un lexique du jargon des Poilus ("petit lexique à l'usage des gens de l'arrière"), des petites annonces farfelues. On y voit des dessins, des caricatures... On suit le déroulement des événements concernant le 227e R.I. racontés par les Poilus.  

(Voir l'historique du 227e R.I.)

La Bibliothèque nationale de France a mis en ligne dans la bibliothèque Gallica, une collection numérisée de La Bourguignotte de 1915 à 1935. Il est possible de lire et de feuilleter chacun de ces numéros.



Découvrez La Bourguignotte avec "Histoires 14-18, il y a cent ans".

Remerciements à la Bibliothèque Patrimoniale et d'études de la Ville de Dijon, et à Sébastien Langlois en charge des collections numériques et des fonds d'archives



Equipe de tournage:

Caroline Jouret (journaliste) / Alain Tixier (Opérateur de Prises de Vues) / Yoann Danjou (Opérateur de Son) / Jean-Renaud Gacon (Eclairagiste).

Source archives : - Bibliothèque Patrimoniale et d’Etudes de Dijon - Gallica BNF ©France 3






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