Malbrans (Doubs) : après 46 heures de secours spéléo, l'homme blessé a été extrait du gouffre Vauvougier

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Écrit par Sophie Courageot avec Emmanuel Rivallain et Eric Debief à Malbrans (Doubs)

Une opération de secours spéléo de longue haleine. L'homme de 55 ans a été remonté à la surface ce lundi 10 mai peu après 15 heures. Une centaine de spéléologues se sont mobilisés autour et dans la cavité pour évacuer la victime.

Le spéléologue blessé depuis samedi 8 mai fin d’après-midi est sorti de la cavité à 15h09. Sur place Emmanuel Rivallain et Eric Debief, nos journalistes qui suivent l'opération de sauvetage, ont pu apercevoir un homme conscient sur sa sa civière, la victime a même esquissé un sourire à sa sortie. Le spéléologue qui pourrait souffrir d'une fracture du fémur ou du bassin a été évacué par hélicoptère Dragon 25 vers le CHU de Besançon.

L'homme dont l'état de santé n'a jamais inspiré d'inquiétude a mobilisé 104 sauveteurs du Spéléo Secours Français du Doubs (SSF25), de la Côte d’Or (SSF21), du Jura (SSF39), de la Haute Saône (SSF70) et de l’Ain (SSF01). Le dispositif du Spéléo Secours Français a été complété par des sapeurs-pompiers du GRIMP pour l’accès extérieur. 200 personnes au total durant près de 48 heures. Les opérations se sont accélérées en début d'après-midi après une première partie d'évacuation assez difficile au cours de la nuit. 

Découvrez les images de la sortie du spéléologue après 48 heures passées sous terre

Malbrans : un spéléologue évacué après 48 heures d'opération de secours dans un gouffre du Doubs

Le récit d'une longue et vaste opération de secours spéléo

Des heures de brancardage, en raison du profil de la cavité. Depuis samedi 8 mai, le spéléo-secours est déployé pour une opération d'envergure dans ce puits du département du Doubs.

La remontée de la civière où se trouve un spélélogue de 55 ans originaire de Bourgogne, a commencé vers 23h30 dimanche soir. La remontée se fait avec la civière tant que possible à l'horizontal en raison des douleurs ressenties par la victime. "La civière a bien progressé en première partie de nuit. "Mais l'étroitesse de la cavité, et les douleurs de la victime qui ont imposé des précautions ont ralenti la vitesse de progression en obligeant à agrandir des passages qu'on avait pas prévu d'agrandir" explique lundi en début de matinée Samuel Prost, chef du spéléo-secours français au micro de France 3 Franche-Comté.

Boyaux, cheminées, passages étroits, une longue opération de secours spéléo

L'opération pour acheminer la civière vers la sortie était estimée au départ à 6 à 8 heures de trajet, mais elle a progressé beaucoup plus lentement que prévu. Nos journalistes sur place, ont pu assister à de nouvelles rotations parmi les secouristes, 35 personnes sont engagées dans le gouffre. Les équipes sont fatiguées. Une vingtaine d'hommes se reposent, une quinzaine de personnes sont chargées de la coordination.

Remonter la civière, avancer dans cette cavité qui présente de grandes cheminées verticales prend du temps.

L'arrivée de fortes pluies au cours de ce lundi va aussi être un élement à prendre en compte, la priorité sera de faire sortir les hommes d'abord, le matériel pourrait être évacué plus tard. Une fois le spéléo sorti et évacué vers un hôpital, il faudra des heures encore pour faire sortir les secouristes rentrés dans le gouffre de Vauvougier.

Samedi 8 mai, l'homme chute de 4 à 6 mètres

La victime, un homme de 55 ans avait fait une chute samedi 8 mai dans l'après-midi de 4 à 6 mètres. L'accident s'est produit à deux heures du point d'entrée de la cavité, et après des passages étroits. L'alerte a été donnée vers 17 heures mobilisant pompiers, préfecture et le spéléo secours, avec des hommes venus du Doubs et d'autres départements.

Un travail de titan pour équiper la cavité et permettre aux secours de travailler

L’équipe assistance victime du Spéléo Secours Français et un médecin urgentiste SMUR/SSF ont rejoint la victime.

Les équipes du Spéléo secours Français ont du rééquiper la cavité pour permettre la progression des secours, installer une ligne téléphonique, installer un point chaud pour permettre à la victime qui souffre au niveau du dos et des jambes de patienter dans les meilleures conditions. Une équipe de désobstruction a été engagée également pour élargir les passagers les plus étroits et permettre le passage de la civière. Le gouffre a été équipée de poulies et balanciers pour permettre de treuiller la civière dans ce milieu difficile où passages étroits, cheminées, et boyaux compliquent les opérations de secours.