Banque de France : les entreprises investissent beaucoup mais embauchent peu !

Industrie en Franche-Comté
Industrie en Franche-Comté

Comme tous les débuts d'année, la Banque de France réalise une étude auprès des entreprises. L'économie se porte mieux en Franche-comté, notamment l'industrie, mais les entreprises n'embauchent toujours pas... A écouter : l'interview du directeur de la Banque de France

Par Catherine Eme-Ziri

C'est en quelque sorte le bulletin de santé de l'économie régionale qui a été présenté cet après-midi à la CCI du doubs, la Chambre de Commerce et d'Industrie. Chaque début d'année, la Banque de France interroge les chefs d'entreprise et mesure différents facteurs comme le chiffre d'affaires, l'exportation, les effectifs ou encore la rentabilité et les investissements. Plusieurs grands secteurs d'activité sont ciblés : l'industrie, la construction et les services marchands. D'une manière générale, les chefs d'entreprise sont optimistes pour l'année qui commence. Cette étude de la Banque de France (et qui connaît mieux les entreprises que les banques, et la première d'entre elles ?) constitue un état des lieux fiable du moral des chefs d'entreprise.

Au total, 1665 entreprises de la région ont été interrogées représentant environ 135 000 salariés.

Pour François Sauvage, directeur de la Banque de France pour le Doubs, la situation économique s'améliore nettement. "Le nombre de création d'entreprise augmentent, celui des défaillances, diminue. L'année 2017 a été meilleure et les perspectives pour 2018 sont bonnes. Les chefs d'entreprise sont optimistes. Par exemple, dans l'industrie, l'appareil de production tourne à 80 %. Les investissements prévus sont en hausse de 13,8 % par rapport à l'an dernier. Seul bémol : les entreprises n'embauchent toujours pas."

Oui, l'industrie, notamment l'automobile, se porte beaucoup mieux. Elle a augmenté son chiffre d'affaires de 9 % l'an dernier, dont 10 % à l'export, et prévoit une hausse pour 2018 de 2,4 %. Bémol toujours l'emploi : non seulement l'industrie ne prévoit pas d'embauche définitive et même envisage d'avoir moins recours à l'intérim, c'est vrai, très utilisé au cours des 12 derniers mois. Il faut dire aussi que, dans de nombreux cas, même si des emplois sont proposés, ils ne trouvent pas preneurs, notamment par manque de formation.

Concernant la construction, avec le bâtiment et les travaux publics, la situation s'est améliorée l'an dernier. Il faut dire que ce secteur a connu d'énormes difficultés et que de nombreuses entreprises ont dû mettre la clé sous la porte. Là aussi, les effectifs stagnent et l'intérim est annoncé à la baisse. Malgré tout, dans la construction, les responsables d'entreprise prévoient une hausse de 1,6 %.

Les services marchands continuent de bien se porter : c'est dans ce secteur que les marges et donc les bénéfices sont les plus élevés. Ce secteur envisage une hausse de son activité pour 2018 et des effectifs sont en stagnation soit en légère hausse.

A écouter : l'interview de François Sauvage, directeur de la Banque de France pour le Doubs 

Banque de France : les entreprises investissent beaucoup mais n'embauchent pas !
Interview de François Sauvage, directeur de la Banque de France pour le Doubs, recueillie par C. Eme-Ziri et L. Brocard



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