La Charité-sur-Loire : une manifestation pour sauver l'hôpital de proximité

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Ce samedi 5 février ils étaient près de 300 personnes à manifester dans les rues de La-Charité-sur-Loire, avec élus, syndicalistes et salariés contre la fermeture du service de médecine de l'hôpital Henri Dunant.

Lors du Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) du 18 janvier de l'hôpital Henri Dunant, les élus et salariés ont appris "la fermeture totale du service de médecine et de soins de suite, soit 22 lits !"

Un établissement labellisé Hôpital de Proximité

Alors que le centre hospitalier Henri Dunant venait de recevoir le label "Hôpital de Proximité" en décembre 2021, une mesure garantissant un financement pour les 5 années à venir, le 18 janvier, le service complet de médecine doit fermer, par manque de médecins. Cet établissement du bassin Charitois pratique pourtant 550 hospitalisations environ par an.

Les élus étaient présents aux côtés des syndicalistes, salariés et habitants de La Charité venus manifester ce matin.
Henri Valès, maire DVG de La Charité, a défilé ce matin, il explique la situation actuelle : "C'est à la suite du départ en retraite du chef de service médecine et du manque de médecins que le service a été temporairement fermé. Cette situation était anticipée était de mon point de vue depuis un an, et elle est liée au manque de médecins dans nos territoires ruraux. L'organisation territoriale à travers les Groupements Hospitaliers de Territoires Ruraux (GHT) ne permet pas de répondre et de pallier à ces situations de pénurie. Nous, on attendait une position de solidarité de la part des médecins du GHT58. Pour l'instant, soit ils ne sont pas en capacité car ils ne sont pas nombreux, soit ils ne souhaitent pas donner un coup de main sur les semaines qui viennent en attendant de pouvoir recruter un nouveau médecin."

L'élu ne veut pas croire en une fermeture totale de l'hôpital, c'est une ressource pour les territoires selon lui : "On considère que cette fermeture est provisoire, nous nous sommes battus pour obtenir le label Hôpital de Proximité, qui entérine une qualité des services, on nous annonce la fermeture d'un service de médecine, ce n'est vraiment pas acceptable [...] Le but c'est de conserver un service de proximité, on ne veut pas d'un rapprochement avec Cosne-sur-Loire. Des solutions existent."

Une baisse de la qualité des soins dénoncée par les syndicats

Hormis l'attachement de la population locale à son centre hospitalier, c'est sa spécificité sur le territoire qui est mise en avant par les syndicats. L'hôpital peut gérer ses propres pensionnaires, comme l'explique Dominique Martineau, secrétaire CGT au CH et aide médico-psychologique : "On est autonomes. C'est un établissement où vous avez une grande partie Ehpad, avec une partie Alzheimer (UHR - Unité d'Hébergement Renforcée), on a la maison de retraite et on a le long séjour (SLD - Soins de Longue Durée). A chaque fois que des résidents ont des soucis de santé, on les envoyait en médecine. Maintenant, il faudra les envoyer à Nevers ou à Cosne, pour certains patients ça va être dur, et pour les familles aussi !"

Une situation qui aurait pu être anticipée

L'autre aspect qui irrite les syndicats est que la situation de départ en retraite du chef de service médecine était connue de longue date, et aurait pu être anticipée. Un recrutement aurait pu être amorcé depuis un an, comme l'explique Jordane Fontaine, secrétaire FO santé au CH : "Le GHT (Groupement Hospitalier de Territoire) fait que c'est Nevers qui dirige. Tous les autres petits hôpitaux alentour, ils n'ont pas leur mot à dire ! Ce qu'on leur reproche, c'est qu'ils mutualisent énormément les moyens et les personnels. Ça fait un an qu'on demande à la direction s'ils avaient des pistes de remplacement, et on n'a jamais eu la réponse. Ils ont contacté 421 médecins, 116 leur ont répondu négativement, et il y en 305 à recontacter ! Ça fait un an !" 

Pour l'heure, le maire de La Charité sur Loire a obtenu une réunion d'urgence avec l'équipe de direction du GHT la semaine prochaine pour évoquer le problème, et "éviter qu'une fermeture provisoire ne devienne une fermeture définitive."