Ce courrier du PDG d'Alstom reçu comme une provocation

AG des salariés d'Alstom le 13 septembre 2016 à Belfort / © Maxime Meuneveaux
AG des salariés d'Alstom le 13 septembre 2016 à Belfort / © Maxime Meuneveaux

Rédigé ce week-end, ce communiqué a été envoyé aux 9000 salariés des 12 sites français pour "expliquer le contexte" de la décision de transférer 400 emplois de Belfort à Reichshoffen. Sa diffusion a eu l'effet d'une bombe. Provocation ou maladresse ? 

Par Isabelle Brunnarius

Assemblée générale des salariés
Avec Valérie Chardon Déléguée CFE-CGC. Reportage V.Hirson, L.Brocard, D.Piron, S.Chevallier

A Belfort, La tension entre direction et salariés est montée d'un cran en fin de matinée. Alors que les élus du Nord Franche-Comté n'avaient pas encore rencontré le PDG d'Alstom Henri Poupart-Lafarge, alors que les syndicats devaient rencontrer le secrétaire d'État à l'industrie Christophe Sirugue, alors que le président de la République affirme haut et fort que la "pérennité du site sera assurée pour les prochaines années", le PDG d'Alstom maintient le cap. C'est comme-ci les mobilisations d'élus, de salariés n'avaient aucune prise sur le groupe mondial des transports. Tout un travail en vain. D'où la réaction du député-maire de Belfort qui reçoit comme une "violence inouïe" ce texte. Pour le leader syndical CFDT Olivier Kohler, c'est "une déclaration de guerre". Un tel communiqué durcit d'un cran le bras de fer entre les salariés, les élus, le gouvernement et la direction d'Alstom. 

Ce dialogue de sourds est à son paroxisme lorsque le député PS du Doubs Frédéric Barbier déclare : "Si nécessaire, l’État ne peut exclure aucune éventualité, y compris de prendre des parts supplémentaires au capital voire de nationaliser partiellement ou totalement le Groupe, car Alstom fait partie du patrimoine national et, constitue donc un bien public."
 
Lors de l'assemblée générale organisée par l'intersyndicale dans la cour du site de Belfort, les syndicats ont exprimé leur colère et appelé à une mobilisation sans précédent pour la manifestation de jeudi à Belfort. 

Et comme pour brouiller les pistes, vers 18 heures, la direction d'Alstom déclare à nos confrères de l'AFP "La direction d'Alstom a affirmé mardi qu'"aucune décision" ne serait prise avant la fin des discussions engagées avec le gouvernement français sur l'avenir de son site de Belfort.
"Alstom confirme s'être engagé dans des discussions avec le gouvernement français sur l'avenir de son site de Belfort. Aucune décision ne sera prise avant leurs conclusions", a indiqué la direction dans une déclaration à l'AFP. Ainsi, dans la même journée, la direction d'Alstom livre deux versions contradictoires sur l'avenir du site de Belfort. Un jeu de dupes. Mais, à part les salariés, qui est abusé ? 
Interview d'André Fages CFE-CGC Alstom Belfort


 

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