Cluny : l’école nationale d’arts et métiers a-t-elle tourné la page du bizutage ?

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Écrit par B.L.
Les élèves de l'ENSAM (Ecole nationale supérieure des Arts et Métiers) de Cluny pendant la traditionnelle cérémonie de baptême des élèves de 1re année, en novembre 2018.
Les élèves de l'ENSAM (Ecole nationale supérieure des Arts et Métiers) de Cluny pendant la traditionnelle cérémonie de baptême des élèves de 1re année, en novembre 2018. © Romy Ho-A-Chuck

L’Ecole nationale supérieure d’arts et métiers (Ensam) a interdit les rituels du bizutage, qui marquaient l’arrivée des nouveaux élèves. Tout a été repensé, assure l’établissement qui accueillait le "baptême des 1re année" dimanche 25 novembre 2018.
 

Depuis janvier 2018, l’Ensam a mis fin définitivement au bizutage qui était pratiqué depuis des décennies sur ses huit campus, dont celui de Cluny, en Saône-et-Loire.

L’école avait été mise en cause à plusieurs reprises pour des dérapages survenus lors de l’arrivée des élèves de 1re année. Les nouveaux étaient réveillés au milieu de la nuit, se faisaient hurler dessus par les anciens, etc. Le tout au prétexte de transmettre les valeurs de cette école d’ingénieurs créée en 1780.   

Un énième dérapage survenu lors d’une soirée d’intégration sur le campus d’Angers en octobre 2017 a signé la fin de ces rituels du 19e siècle. Il était devenu impossible de continuer à ignorer que, depuis 1998, le bizutage est un délit passible de six mois de prison et de 7 500 euros d’amende.

"Pour lutter contre les dérives, on a eu un dialogue plus important avec l’ensemble des élèves de 1re et de 2e année, afin de cadrer les activités pour que tout se passe bien", déclare la direction de l’Ensam de Cluny.

 

 

Qu’est-ce qui a vraiment changé ?

Depuis la création du campus de Cluny en 1901, à chaque rentrée, les  nouveaux sont accueillis par les anciens qui sont chargés de leur transmettre les valeurs de l’Ensam. L’objectif principal est de souder la promotion constituée d’individualités venues d’horizons très différents (DUT, licence, classes préparatoires…).

Au bout de deux mois, c’est enfin "le baptême des 1re année". Cet événement concrétise leur entrée dans la communauté des gadz’arts (c'est-à-dire les élèves de l’Ecole nationale supérieure d’arts et métiers).
Les élèves participent à un défilé quasi militaire, appelé monôme, qui commence dans l’école et se poursuit dans la ville de Cluny. A cette occasion, ils portent pour la première fois leur uniforme de cérémonie.

 Le reportage de Romy Ho-A-Chuck, Quentin Cézard et Patrick Jouanin avec
-Michel Jauzein, directeur de l'Ecole nationale supérieure d'Arts et métiers de Cluny
-Benoît de Premare, président de l'association des élèves
-Julien Artur de la Villarmois, élève de 1re année
-Philoé Luchetti, élève de 1re année



"Il n’y a pas eu de bizutage, mais des activités diverses sans composante d’humiliation", dit un élève de 1re année. "On acquiert ainsi des souvenirs très forts que nous partageons avec les élèves qui nous ont précédés. Cela nous permet d’avoir un lien même sans les connaître."

Tout au long de leur scolarité, les gadz’arts vont ainsi apprendre à mieux se connaître. Cela passe notamment par l’organisation de divers événements comme le grand gala de fin d’année ou le grand bastringue (un festival de reggae en lien avec des actions solidaires pour des pays en voie de développement). Autant d’étapes dans la constitution d’un précieux réseau professionnel.
 

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