Coronavirus Covid-19 : les exportations de charolais vers l'Italie menacées

Le marché au cadran de Saint-Christophe-en-Brionnais, le 11 mars 2020. / © Dalila Iberrakene / France 3 Bourgogne
Le marché au cadran de Saint-Christophe-en-Brionnais, le 11 mars 2020. / © Dalila Iberrakene / France 3 Bourgogne

Les éleveurs redoutent que les exportations de jeunes bovins vers l'Italie soient stoppées en raison de l'épidémie de coronavirus. Aujourd'hui, 80% des broutards charolais y partent pour y être engraissés, un débouché essentiel. Reportage au marché au cadran de Saint-Christophe-en-Brionnais.

Par M. F. avec Anne Berger

Comme tous les mercredis matins, les lots d'animaux se suivent et les enchères s'enchaînent. 400 jeunes bovins étaient proposés à la vente mercredi 11 mars, moins que d'habitude. La situation en Italie a dissuadé certains vendeurs. Ceux qui sont là ne font guère d'illusions sur les jours à venir.

"On s'attend à une fermeture des frontières, ce qui pourrait être catastrophique. Une baisse des cours qui pourrait durer encore quelques temps, confie Bernard Chaumont, éleveur. On n'a pas besoin de ça en ce moment. Les deux ou trois dernières années ont été compliquées. Donc on espère que la situation ne va pas trop s'aggraver."

Pour cette vente de broutards, les prix sont restés stables. Mais Matthieu Durris, qui achète ici chaque semaine pour l'Italie, sait lui-aussi que la situation peut vite changer : "Aujourd'hui, il y a un paquet de restaurants, de collectivités qui sont fermés en Italie puisque tout le monde est cloîtré chez lui. La consommation va sûrement baisser. Après, les abattages vont baisser en Italie, donc les exportations vont être plus compliquées. On attend de voir comment ça va se passer. Peut-être qu'on n'aura pas une baisse significative, mais c'est vrai qu'on s'attend  à une baisse de l'exportation." 

Dans les gradins, il n'y en a peut-être qu'un qui était plutôt serein. Pierre Mazoyer, 60 ans de marché au cadran, un sage que rien peut affoler : "J'ai connu la fièvre aphteuse, la tuberculose. Ils parlaient de bloquer et ça n'a jamais été bloqué", indique-t-il. Pour lui, la crise ne va pas faire baisser les cours.

Un optimisme que beaucoup d'éleveurs de Saône-et-Loire ont du mal à garder. Après le marché, un camion chargé d'animaux prend la direction de l'Italie et de la région de Venise, en attendant de nouvelles directives.
 
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