Coronavirus Covid-19 : décès du Docteur Eric Loupiac urgentiste à Lons-le-Saunier

Le docteur Eric Loupiac, médecin urgentiste de Lons-le-Saunier et figure de lutte pour la sauvegarde des urgences est décédé ce jeudi 23 avril des suites du covid-19. Le médecin avait présenté les premiers symptômes de la maladie dès le 16 mars dernier.

L'urgentiste Eric Loupiac.
L'urgentiste Eric Loupiac. © Philippe TRIAS - maxPPP
Probablement contaminé par le coronavirus lors d'une garde aux urgences de Lons-le-Saunier, le médecin avait présenté les premiers symptômes de la maladie dès le 16 mars dernier. Placé en réanimation à l'hôpital de Marseille après avoir développé des troubles respiratoires sévères, le docteur Eric Loupiac luttait contre la maladie depuis plus d'un mois.

Médecin urgentiste à l'hôpital de Lons-le-Saunier et membre de Association des Médecins Urgentistes de France (AMUF), le docteur Loupiac était en première ligne dans les mouvements de grêve et les manifestations pour obtenir plus de moyens pour les urgences et l'hôpital public.
Peu après son hospitalisation, son épouse avait annoncé son intention de déposer un certain nombre de plaintes.

Joint par téléphone ce 23 avril, le confrère et ami d'Eric Loupiac, le docteur Yves Duffait ne trouvait pas de mots et s'est juste dit "anéanti" par la triste nouvelle. 

Le lundi 4 novembre 2019, Patrick Pelloux, le président national de l’Association des médecins urgentistes (Amuf) était venu rencontrer les médecins urgentistes et les personnels du centre hospitalier de Lons-le-Saunier. Très proche d'Eric Loupiac, c'est lui qui a annoncé le décès de son confrère et ami sur le réseau social Twitter.
 
Le docteur Patrick Pelloux président de l'AMUF a réagi sur twitter
Le docteur Patrick Pelloux président de l'AMUF a réagi sur twitter © DR

Nous avons joint également au téléphone Rachid Hiébous, le secrétaire du Comité d'Hygiène et de Sécurité de l'hôpital de Lons-le-Saunier et secrétaire du syndicat CGT Jura.

Très affecté, il a participé aux côtés d'Eric Loupiac au combat pour obtenir des moyens suplémentaires pour l'hôpital : "C'était quelqu'un de gentil, de serviable, un très grand professionnel et un fervent défenseur du service public mais il a été sacrifié par ce service public. C'est un drame terrible. Il a été envoyé au front avec un simple masque comme protection. Et encore, des masques on n'en a pas toujours. Au début on nous a même demandé de nous protéger avec des sacs poubelles. Eric faisait des gardes de 24h en étant en contact avec des malades. Comment voulez vous qu'il ne soit pas contaminé ? C'était un homme courageux. Il savait quels étaient les risques et il les acceptait. Aujourd'hui je suis très triste mais aussi en colère. Des dizaines et des dizaines de soignants ont été contaminés par le Covid 19 depuis le début de la pandémie car ils n'étaient pas assez protégés. Nous réclamons sans cesse du matériel de protection et des moyens pour nos collègues mais personne ne nous entend. Nos dirigeants, au plus haut niveau de l'état ont été sourds à nos demandes depuis des mois. Il faudra que les coupables paient pour cela".

Autre réaction, celle de Philippe Poncet, le président de l'association des malades de la Bronchopneumopathie Chronique Obstructive ( BPCO ) : "C'est terrible...Un coup dur de plus mais qui s'ajoute à tellement de coups durs depuis le début de la pandémie. Et c'est le résultat d'une défaillance politique absolue et aussi de la suffisance d'une bureaucratie française irresponsable et qui plombe totalement la réactivité du système sanitaire depuis des années. Le Dr Loupiac, comme ses collègues, demandait des moyens pour sauver des vies. Il ne les a jamais obtenus. Et on mesure aujourd'hui les conséquences de ces défaillances car elles sont dramatiques. Des gens meurent par milliers car des erreurs impardonnables ont été commises..."

Même sentiment du côté de Richard Dhivers, secrétaire départemental CGT du Jura. « Eric Loupiac était une belle personne. C'était quelqu'un d'engagé mais qui ne se mettait pas en avant. Son seul but était de défendre la cause de l'hôpital public. Mes pensées vont à son épouse et ses 3 enfants. Tous les soignants sont avant tout des victimes. Il y a encore peu de temps ils subissaient des coups de matraques et des lacrymos, et aujourd'hui c'est le Covid 21. Et pendant ce temps là, nos gouvernants nous donnent de grandes leçons et cassent celles et ceux qui essayent de sauver des êtres humains. C'est révoltant..»

Rubans, mots, hommages

Vendredi 24 avril, devant l'hôpital de Lons-le-Saunier, des rubans ont été accrochés aux grilles de l'établissement où travaillait l'urgentiste. 
L'hommage au docteur Loupiac
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