Assises de Côte d'Or : 20 ans de prison pour avoir assassiné un collègue par jalousie

Jean-Louis Oltra, employé municipal à Longvic, en Côte d'Or, a été condamné à 20 ans de réclusion par la cour d'assises de Côte-d'Or jeudi 26 mars 2015. Il avait tué son collègue, car il croyait que ce dernier avait une liaison avec son ex-compagne.


Comment Jean-Louis Oltra a-t-il pu tuer par amour ?

Depuis près d'un an, Jean-Louis Oltra soupçonnait - à partir d'éléments futiles - une relation entre son ex-compagne et son collègue de travail. La jeune femme avait mis fin à sa liaison avec l'accusé en février 2013.

Les soupçons du quinquagénaire sur cette supposée relation sentimentale entre les deux victimes étaient nés d'une conversation, surprise par celui-ci sur son lieu de travail.
Il avait alors cru entendre dans la bouche de son collègue le surnom de sa compagne de l'époque.

Dès l'ouverture de son procès mardi matin, Jean-Louis Oltra avait admis s'être dès lors "enfermé dans une idée fixe".
Il avait versé 300 euros à un complice pour faire incendier le véhicule de son collègue et faire crever les pneus de celui de la jeune femme. Il les avait également fait tous deux surveiller.

L'accusé avait aussi reconnu devant la cour avoir tenté une première fois, fin 2012, de tirer sur son prétendu rival.
Mais, son projet avait tourné court, la carabine s'étant enrayée.

L'expert psychiatre a conclu à "l'altération du discernement" de l'accusé. Le quinquagénaire entretenait une "jalousie délirante" dans le domaine amoureux et élaborant une "construction mentale à partir de coïncidences".


"C'est avant tout une exécution de sang froid"

L’enquête qui a suivi le meurtre a démontré que la jeune femme et la victime n'avaient aucun contact entre eux.

"C'est avant tout une exécution de sang froid", a estimé l'avocat général Pascal Labonne-Colin.
Le 7 juin 2013, à la mi-journée, Jean-Louis Oltra, 52 ans, avait pénétré dans les locaux des services techniques de la mairie et avait tiré deux fois sur son collègue de 37 ans.
Mortellement touchée à la tête, la victime était décédée sur le coup.

Quelques minutes auparavant, Jean-Louis Oltra avait agressé à Dijon son ex-compagne, "pour lui faire peur" dit-il.
Il lui avait assené trois coups de bâton et tiré à la carabine à deux reprises en sa direction. Légèrement touchée au bras, elle avait réussi à prendre la fuite.

Pour l'avocat général, l'accusé avait "bel et bien l'intention" de "supprimer la vie" de son ex-compagne, qu'il considérait comme "l'instigatrice de ses problèmes".
Quant à son collègue de travail, Jean-Louis Oltra avait "soigneusement, méthodiquement préparé le crime", a-t-il ajouté.


"C'est sa jalousie qui l'a mené ici"

"Dans ce dossier, on parle aussi d'une histoire d'amour", a plaidé l'avocate de la défense, Me Audrey Bittard.
"C'est sa jalousie qui l'a mené ici", a-t-elle ajouté, en désignant le box, où son client, au crâne dégarni et tatoué dans le cou, baisse la tête, les yeux rougis. "Il perçoit la réalité mais il lui donne un sens erroné et en cela, sa jalousie devient un trouble psychiatrique", a relevé Me Bittard.

Pour l'avocat des parties civiles, Me Jean-Philippe Morel, la compagne de la victime, son fils et ses proches "ignoraient que la vie de M. G. était en sursis depuis six mois".
Malgré les dénégations de tous sur cette supposée liaison et les filatures vaines, "toutes les informations qui n'allaient pas dans le sens de sa démonstration étaient négligées (par M. Oltra), c'était inaudible", a déploré Me Morel.

L'avocat général avait avait requis une peine de vingt ans de prison assortie d'une peine de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire.

La cour d'assises a retenu "l'altération du discernement" de l'accusé au moment des faits. Les jurés ont assorti la condamnation d'un suivi socio-judiciaire de cinq ans comprenant notamment une injonction de soins.
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