Libération de la Bourgogne : les conseils d'un général pour qu'on n'oublie pas comment Beaune fut délivrée des nazis

il y a 75 ans, le 8 septembre 1944, la ville de Beaune a été libérée de l'envahisseur allemand au cours de violents combats. / © François Latour
il y a 75 ans, le 8 septembre 1944, la ville de Beaune a été libérée de l'envahisseur allemand au cours de violents combats. / © François Latour

Le 8 septembre 1944 après des jours d'intenses combats, les villes de Beaune et de Seurre étaient libérées. Depuis, 75 ans ont passé. Des commémorations ont lieu pour ne pas oublier les terribles événements de la Seconde Guerre mondiale. Mais, cela suffira-t-il ?

 

Par Beatrice de Lavergne

 

La Libération progressive de la Bourgogne

Un peu partout en France, comme chaque année, des cérémonies ont lieu pour célébrer le départ des troupes allemandes à l’été 1944, après des années d’Occupation.

Tout le monde a en mémoire, le discours du général de Gaulle proclamant "Paris libéré" le 25 août, au terme d'une semaine de grèves, de barricades et de combats de rue.

En Bourgogne, la ville de Sens, dans l’Yonne, fut parmi les premières libérées du joug allemand par les troupes du général Patton arrivées par l’ouest le 21 août.
 


Mais, dans d’autres communes de Bourgogne, il fallut patienter jusqu’au mois de septembre. Les troupes du général de Lattre de Tassigny, parties du sud de la France en août, arrivent dans la région au mois de septembre.

C’est enfin l’heure de la Libération pour Mâcon le 4 septembre,  Beaune et Seurre le 8 et Dijon le 11.

Le 12 septembre, les armées françaises se rejoignent à Nod-sur-Seine, dans le nord de la Côte-d’Or.

 
A l'été 1944, la Bourgogne est libérée peu à peu de l'envahisseur allemand
A l'été 1944, la Bourgogne est libérée peu à peu de l'envahisseur allemand
 

A Beaune, l’embuscade tendue aux troupes du général de Lattre

Les combats, parfois sanglants, se multiplient. C’est le cas à Beaune où se trouve une poche de résistance de soldats allemands.

"Quand les avant-gardes des troupes du général de Lattre arrivent ici, il y avait contre toute attente une embuscade dans laquelle est tombée le char d'assaut Orléans II", rappelle le général Jean-René Bachelet, né en 1944 en Côte-d’Or.

Parmi les dizaines de tués dans ces combats, il y a eu une partie de l’équipage du char. L’engin depuis est resté sur place et c’est à cet endroit que des cérémonies du souvenir sont organisées par la ville de Beaune chaque année.

"Cela me rappelle des souvenirs personnels", dit le général Jean-René Bachelet, "car mon père avait été tué deux mois auparavant jour pour jour dans la Résistance. Il appartenait au groupe de Serrigny, qui était un groupe important puisqu’il y a eu 10 déportés, dont 8 ne sont pas rentrés. Ma mère nous amenait ici chaque année, ma sœur et moi pour ces cérémonies anniversaire.

C’était très différent de ce qu’on voit aujourd’hui : le char était tout seul au milieu des prés et il y avait beaucoup, beaucoup de monde."




 
Le général Jean-René Bachelet, né en Bourgogne, fut enfant de troupe à l’école militaire préparatoire d’Autun.
Le général Jean-René Bachelet, né en Bourgogne, fut enfant de troupe à l’école militaire préparatoire d’Autun.


Ces cérémonies sont très bien organisées, reconnaît le général Jean-René Bachelet.
"Oui, il y a des jeunes pompiers, mais je déplore l’absence des classes du primaire, du secondaire. Dans ce monde globalisé, dans cette Europe à construire, que veut dire être français aujourd’hui ? Eh bien, cela veut dire être porteur d’un certain nombre de valeurs qui sont résumées dans la devise de la République : liberté, égalité, fraternité.

Donc, le vœu que j’exprime, c’est que les enseignants prennent conscience qu’ils gagneraient beaucoup à inclure cet évènement de la région de Beaune dans leur programme et être présents avec leurs élèves."



 
Reportage de François Latour, Christophe Gaillard et Philippe Sabatier avec :
- Général Jean-René Bachelet
- Robert dit "Sonnette", ancien résistant
 

La Libération de la Bourgogne en 1944

A partir du mois d'août 1944, la Bourgogne est libérée peu à peu du joug allemand :

-21 août : Sens (Yonne)
-24 août : Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre)
-4 septembre : Mâcon (Saône-et-Loire)
-5 septembre : Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire)
-6 septembre : Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire)
-8 septembre : Beaune (Côte-d'Or)
-9 septembre : Nevers (Nièvre)
-9 septembre : Autun (Saône-et-Loire)
-11 septembre : Dijon (Côte-d'Or)
-12 septembre : Nod-sur-Seine (Côte-d'Or) : jonction des troupes de la 2e DB du général Leclerc avec celle de la 1re DB du général de Lattre de Tassigny. 

 

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