C’est une énième hausse des prix de la cigarette… qui ne passe pas pour les buralistes. Lundi 3 février, ils font entendre leur mécontentement. Selon eux, ces augmentations font prospérer la contrebande de tabac, en particulier en Côte-d'Or, et mettent à mal leurs commerces.
Les buralistes sont asphyxiés. En Côte-d’Or comme partout en France, ils vont dénoncer, lundi 3 février, la nouvelle augmentation du prix du tabac en vigueur depuis samedi. Cette hausse concerne seulement certains paquets, qui coûtent désormais 20 à 50 centimes plus cher.
Pour se procurer des cigarettes, il faut donc désormais débourser entre 12 € et 13,50 €. D’ici 2027, le prix du paquet sera porté à 13 €, précise le "programme national de lutte contre le tabac 2023-2027".
Cigarettes de contrebande
Des augmentations en série, que la Fédération des buralistes de Côte-d’Or qualifient d’"irraisonnées". Valentin Ollivier, le président, se justifie : "On voit bien que cette fiscalité sur le tabac ne fonctionne pas. Les gens fument toujours, mais autrement."
Ils se procurent des cigarettes de contrebande, passent par les réseaux sociaux qui livrent même à domicile pour payer moins cher.
Valentin Ollivier, buraliste et président de la Fédération des buralistes de Côte-d'Or
Selon Santé publique France, 23% des Français sont fumeurs quotidiens, un chiffre en légère baisse.
En Côte-d’Or, le phénomène serait particulièrement marqué. "On est en première ligne", affirme Valentin Ollivier, mettant en avant deux arguments. D’abord, la proximité géographique avec la Suisse et l’Allemagne, où les cigarettes se vendent respectivement à 9,50 € et 8 € en moyenne. Ensuite, la présence d’un "point de transit" au niveau de Beaune : "les autoroutes s’y croisent, et donc les cigarettes de contrebande y convergent".
Pour preuve, la Fédération des buralistes de Côte-d’Or rappelle la saisie record de plus d’une tonne de tabac de contrebande sur l’A6, près de Gevrey-Chambertin, le 15 janvier dernier.
Les tabacs en difficulté
Conséquence de ce trafic : les tabacs de Côte-d’Or enregistrent une baisse de 13% de leur ventes en volume de tabac en janvier.
"Encore une fois, on voit que les consommateurs prennent de quoi fumer, des feuilles, des filtres, des tubes, mais pas de tabac"
Valentin Ollivier, buraliste et président de la Fédération des buralistes de Côte-d'Or
Les commerces sont donc moins fréquentés et encaissent une perte de 15 à 20% de leur chiffre d’affaires sur le mois.
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Face à une situation qu’elle qualifie d’"alarmante", la Fédération veut se faire entendre. Pendant plusieurs jours à partir de lundi, un camion sillonnera les routes fréquentées du département, portant un "message choc" dénonçant la contrebande de tabac. "C’est destiné à sensibiliser les consommateurs, et à alerter les pouvoirs publics", détaille Valentin Ollivier.
Harmoniser les prix au niveau européen
Parmi leurs revendications : l’intensification des saisies et des contrôles aux frontières, ainsi que la mise en place d’un moratoire des prix au niveau européen. Ce dernier, affirme-t-il, permettrait d’harmoniser les prix et donc d'éviter la fuite de la clientèle vers des pays aux prix plus concurrentiels.
Les bureaux de tabac, à bout de souffle, cherchent désormais à se diversifier. Snacking, épicerie, CBD, vapes… proposer de nouveaux services devient essentiel à leur survie. En France, toutes causes confondues, 1 débit de tabac ferme tous les 5 jours. Il en reste 732 en Bourgogne.